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Jean Michel Jarre, la broyeuse électronique
Jean Michel Jarre, la broyeuse électronique
© Mashinskiy

Jean Michel Jarre ou la broyeuse Electronica

Publié le 23/10/2015 à 13:30

Le fondateur de la musique électronique de masse est de retour avec un premier album de collaboration. Debrief.

Si Jean Michel Jarre n'a certes pas inventé la musique électronique, il est pourtant responsable de sa popularisation. Concerts gigantesques, millions d'albums écoulés... En cela, il est l'un des personnages les plus cruciaux de l'histoire du genre. Ainsi, la sortie d'un nouvel album du maître est forcément un événement. Qui plus est quand il décide de s'associer avec d'autres producteurs, des années 70 à nos jours, retraçant ainsi une certaine histoire de la musique moderne.

Une manière de se remettre en selle après un dernier long format très critiqué, Téo & Téa, en s'offrant une cure de rajeunissement au contact de gens comme Fuck Buttons ou Gesaffelstein ? Pas seulement :

" Quand j'ai commencé ce projet, je ne savais pas du tout où je mettais les pieds. J'ai eu la bonne surprise de voir que tous les gens que j'ai approché m'ont dit oui ", explique, le premier surpris, Jean Michel Jarre.

Tangerine Dream, Vince Clarke, Moby ou encore Air sont de la partie. Avec un line up comme celui-ci, il y a une promesse : celle de retourner dans la fosse aux lions.

Car depuis son habituelle stratosphère, Jarre était plutôt isolé, comme protégé par ses 50 000 000 d'albums vendus par le monde.

On est souvent seul, dans la musique électronique, c'est aussi ce qui rendait ce projet excitant.

Occupé habituellement à préparer des spectacles hors-normes, à lâcher de temps à autre un disque live à sa collosale fan-base, le voilà revenu de fait au coeur de l'attention des spécialistes de la musique électronique, loin de sa zone de confort.

De vraies rencontres...

Contrairement à la norme, le producteur a tenu à travailler avec ses invités en présentiel :

"Je suis arrivé avec des démos, on en a discuté. Ensuite, je suis toujours allé les rejoindre chez eux, dans leurs studios. Ce projet là m'a emmené dans beaucoup de ville. Berlin, Londres, Brooklyn..."

En découlent des anecdotes qui régalent, à l'image de celle où Moby, Vince Clarke et lui se battent sans le savoir pour une boîte à rythme cheap sur eBay ou quand le premier lui en met plein la vue avec un seul accord, bien placé.

Mais toutes ces histoires, direz-vous, corroborent avec une image tenace : celle d'un homme avec lequel il est merveilleux de discuter, notamment de la musique d'aujourd'hui, mais dont les disques sont souvent loin des courants du temps modernes. Quand il utilise un des premiers synthés, le Coupigny, en duo avec Air, on n'entend finalement que ses textures savamment cheesy habituelles. Quand il se mêle à Fuck Buttons à ses morceaux, on n'y trouve qu'une version adoucie de la force de frappe des deux anglais au profit d'une violence plus Jarrienne. La primauté de la mélodie sur le texture?

... pour un disque totalement Jarre

Jarre est une broyeuse, avec un style trop lourd pour se fondre vraiment dans celui de ses invités. Ainsi, les fans de musique électronique moderne n'auront cure, au moins, de ce disque.

Les fans de JMJ, par contre, devraient se régaler, justement de la présence, toute fantomatique puisse-t-elle paraître, de ces guests sur l'album de leur idole. Car le langage de l'artiste ne semble pas varier d'un iota : tout juste imite-t-il par instant ses partenaires. Mais loin d'être une anecdote opportuniste, remplie de feats hasardeux, Electronica est surtout un véritable album de Jarre. Qui doit entièrement être considéré comme tel.

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