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“We Had A Dream”: retour aux racines free party avec un docu sur Heretik

Mythique, le sound system Heretik est devenu le plus médiatique, sinon le plus porteur de France dans les années 2000. Un documentaire propose de revivre l’épopée des fers de lance de la free party française.

On continue notre série de coups d’oeil dans le rétro pour vous intéresser aux Heretik, ce mythique collectif d’organisation de free party né à la fin de années 90. Car si, depuis quelques années, les soirées données dans des “lieux secrets” et autre endroits “jusqu’ici jamais exploités” se multiplient au point de devenir grotesque, il fut un époque où ce n’était pas tant un attrape-fêtard qu’une nécessité pour imposer la culture techno.

Dans ce long documentaire d’une heure préparé par Damin Raclot-Dauliac (Grand documentariste du mouvement, chez Tracks notamment, actif chez Radio Marais…), on retrace l’histoire de ces jeunes gens qui, inspirés par leur aînés anglais Spiral Tribe, ont changé l’histoire de la fête en France. Leur plus haut fait d’armes ? La fête de 6000 personnes dans la piscine Molitor. Organisation, vie commune, jusqu’aux drames : c’est l’intimité d’une vie qui est portée à l’écran.

Le passé glorieux de la seconde vague free

Surtout, c’est l’occasion de découvrir le déplacement des méthodes et des valeurs à travers le temps. A proposition égale (lieux secrets et inédits, techno “dure” – malgré les différences d’époque – etc…), il est intéressant de noter à quel point les choses ont évolué. Après la fin d’une première vague de raves sous l’influence de Spiral Tribe, il ne restait alors que des rassemblements qu’Heretik jugeait “commerciaux”, et face auxquels le collectif s’était dressé. Hier alternatives, illégales et “marginales”, les promesses du collectif sont aujourd’hui encore souvent liées à l’annonce de soirées dont le ticket d’entrée et le prix des boissons sont coûteux, organisés par des promoteurs professionnels, loin de cet esprit techno très “débrouille” des débuts. Le prix de la légalité, semble-t-il. Cela annoncerait-il une réaction à venir des jeunes générations ? L’avenir nous le dira.

Trop grand, trop suivi, Heretik n’a eu d’autres choix aujourd’hui que de s’institutionnaliser et organise des événements ponctuels et légaux. Naturellement, il reste des Free Party en France, mais celle-ci sont cantonnées aujourd’hui par la loi à être des rassemblement de moins de 500 personnes, sous peine de saisie du matériel. Par rapport aux folies d’Heretik au début des années 2000, c’est nettement moins imposant. Regardez plutôt.