Shygirl :

Shygirl : "Mon univers n'a pas de limite, musicalement comme verbalement"

By Antoine RUIZ
20 Nov 2020

Imagerie rétro-futuriste, paroles provocantes pleines de confiance, sonorités électroniques mêlant pop, eurodance et R&B... Shygirl fait partie de ses artistes maîtres de leur univers. Après un premier EP brillamment détonnant et diverses éminentes collaborations, la Londonienne s'apprête à conquérir le monde avec son nouvel EP Alias et ses 4 alter egos qui en émanent. Rencontre.

S'il y a bien une année tremplin pour plusieurs artistes, c'est bien 2020. Notamment pour le label londonien Nuxxe. Sega Bodega, Coucou Chloé, Oklou... Une petite tripotée de prodiges de l'électronique s'amuse à refaçonner le genre, à leur façon. Parmi eux : Blane Muise, alias Shygirl. Révélée en 2018 à la sortie de son premier EP Cruel Practice, la jeune virtuose s'est démarquée avec ses paroles directes et provocantes à connotations sexuelles et son univers visuel qui fait revivre l'esthétique choc du début de siècle. Après avoir collaboré avec Arca, elle revient en cette fin d'année avec un tout nouvel opus, Alias. Une oeuvre qui donne naissance à 4 alter agos (Bae, Bovine, Baddie, Bonk), déconstruisant avec brio l'identité de Shygirl à coup de paroles crues fièrement assumées, de beats R&B futuristes, de rythmiques électroniques industrielles, de kicks trap et de visuels léchés. Villa Schweppes la rencontre en plein confinement, via Zoom, deux jours avant la sortie de son dernier projet. Interview.

À quel alias suis-je en train de parler aujourd'hui : Baddie, Bae, Bonk, Bovine... ou Shygirl ?
SHYGIRL : Cela dépend des questions ! [rires] Je pense que je suis un combiné de tous ces personnages. Mais je dois admettre qu'il est plus facile de me connaître en tant que Shygirl. Quand tous les personnages parlent en même temps, c'est plus compliqué. [rires]. En fait, ce sont des parties différentes de moi, donc me connaître, c'est aussi les connaître. Et inversement.

On ne dirait pas que tu es une fille timide... Qu'est-ce qui t'a poussé à trouver ce nom ?
SHYGIRL : À l'origine, j'étais DJ avec une amie. Nous avions choisi ce nom pour notre duo, de sorte que si l'une d'entre nous n'était pas disponible, l'autre pourrait quand même jouer. Nous avions l'habitude de mixer lors de soirées fashion... et parfois, ces soirées semblaient un peu ridicules. Et l'idée de "deux filles timides jouant à des soirées fashion" semblait harmonieusement ridicule. Puis j'ai commencé à faire de la musique pour moi, juste pour le plaisir, sans prendre ce nom de scène au sérieux. J'ai finalement continué à l'utiliser, car je ne savais pas où cela me mènerait, et maintenant, je me le suis approprié.

Shygirl chante des paroles provocantes, Shygirl fait de la musique électronique, Shygirl fait partie de Nuxxe Records... Comment définirais-tu l'univers de Shygirl, avec tes propres mots ?
SHYGIRL : Je pense que mon univers est sans limite. Plus j'en fais, plus ça prouve qu'il l'est. Il n'y a pas de cadre, pas de boîte dans laquelle je dois me renfermer... [connexion interrompue]. Oh, je t'ai perdu ? ... [connexion rétablie]. Où en étais-je... Ah oui, je disais que se coller des étiquettes, c'est se fixer des limites. Ce n'est pas mon truc. J'ai toujours fait beaucoup de choses, car pourquoi en faire moins ? De plus, je me suis toujours sentie comme une marginale, donc pourquoi faire comme les autres ? Certaines personnes peuvent penser que je ne sais pas ce que je fais parfois, mais en fait, je fais uniquement ce qui me procure du fun et du plaisir.

On est les seuls à conduire notre propre voiture. Et la mienne avance vite.

Shygirl

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Baddie, un des alias de Shygirl

Tes paroles directes à caractère presque sexuel témoignent d'une forte émancipation... Qu'y a-t-il derrière tout ça?
SHYGIRL : Je démontre simplement que tout le monde peut prendre le contrôle de sa propre vie. On est les seuls à conduire notre propre voiture. Et la mienne avance vite. Je prends possession de ma vie. Et concernant mes paroles, j'utilise le sexe comme analogie. Je ne parle pas vraiment de sexe, mais quand je parle de mes émotions ou de sentiments viscéraux, ou lorsque je traverse quelque chose, souvent le sexe est la connotation la plus facilement compréhensible et admissible, pour tous. Et aussi, parfois, je parle de choses assez violentes, ou j'utilise plutôt une terminologie assez brutale, mais les gens supposent automatiquement que c'est à caractère sexuel parce qu'il n'y a pas beaucoup de différence dans les mots que je choisis d'utiliser. Mais quand une fille chante ces paroles, il est rare que le public ne la perçoive pas ainsi. Je suis cette fille coquine à ses yeux. Ce qui va très bien en soi, j'en joue... En fait je m'en moque, c'est même presque ma devise de vie, de faire comme bon me semble. La perception des autres ne doit pas être une fin en soi ni un fardeau, ça ne doit pas nuire à la perception que j'ai de moi-même. Peu importe ce que les gens lisent sur moi ou disent de moi, je ne peux être fidèle qu'à moi-même.

De cette façon, que représente pour toi un alias ?
SHYGIRL : Je joue avec le concept des alias. Lorsque celui-ci assume plusieurs rôles, le mot 'alias' devient donc plusieurs choses. Il représente qui vous êtes en tant que personne autant que les caractéristiques que vous décidez de lui attribuer, car à ce moment-là, vous le vivez pleinement. Et avant même de penser à ce que cela signifiait, j'ai intitulé mon EP comme ceci parce que j'aimais la façon dont ce mot sonnait ; j'aimais ce que j'ai ressenti quand je l'ai dit. J'aime les lettres, c'est assez sensuel. Comme les noms de mes alias et les titres de mes chansons. J'aime jouer avec les mots en tant que tels avant de plonger dans leur sens.

Qu'est-ce qui a changé entre ton premier EP Cruel Practice et ton nouveau ?
SHYGIRL : J'ai développé plus de confiance et aussi, j'ai développé une toute autre relation avec la musique. Mon premier EP a été le premier projet que j'ai vraiment réalisé. Je ne fais pas de musique depuis si longtemps, j'ai commencé en 2018. Il n'y a donc pas eu beaucoup de temps entre mes projets. J'ai l'impression qu'il y a deux ans, j'étais plus prudente. Aujourd'hui, je repousse mes limites avec ce disque, je pousse encore plus loin ce que je suis censé faire. Si ça a du sens...

Le label Nuxxe est né ainsi, organiquement. Nous savions que nous pouvions réaliser tout ce que nous voulions, simplement en nous soutenant les uns les autres.

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Bonk, un des alias de Shygirl

Le label Nuxxe devient de plus en plus visible en ce moment, avec les dernières sorties de Coucou Chloé, Oklou et toi-même. Au fait, comment vous êtes-vous tous rencontrés?
SHYGIRL : Je suis très reconnaissant de faire partie de ce label et fière de l'avoir amené là où il est aujourd'hui. Cela me pousse à apprécier ce que je fais et qui je suis. Pour récapituler, tout a commencé quand j'ai rencontré Sega il y a sept ans, lors d'un show. Nous avons décidé d'être amis, immédiatement. Nous le devions. [rires] Plus tard, j'ai rencontré Chloé, car Sega et elle communiquaient en ligne. Il a aimé sa musique, il m'a montré ses trucs, on a adhéré tout de suite. Et puis on a rencontré Lou, encore une fois grâce à Sega qui aimait sa musique. Il est l'instigateur de tout ça, il navigue toujours sur le net, à la recherche de filles qui font des choses sympa. On pourrait croire qu'on fait toutes partie de son harem [rires] mais c'est une question d'amitiés sincères et d'un amour pour la musique. Ce n'est pas seulement des amitiés en fait, c'est même une famille. Avec ce groupe, il y a une appréciation et un encouragement dans ce que tu peux faire, un émerveillement presque autour de ce qui n'a pas encore été fait, et on parvient facilement à être tous d'accord. Même si nos univers divergent, nous partageons des goûts communs, c'est pourquoi nous nous aidons les uns les autres. Le label Nuxxe est né ainsi, organiquement. Nous savions que nous pouvions réaliser tout ce que nous voulions, simplement en nous soutenant les uns les autres.

Qui - ou quoi - t'inspire au quotidien ?
SHYGIRL : Les défis et les frustrations. C'est ce qui m'inspire le plus. Par exemple, lorsque je suis frustrée, il y a deux choses qui peuvent arriver : soit l'énergie de cette frustration sort avec des mots... ou alors, il faut que change quelque chose. Mais pour le moment, avec ce confinement, tout ça a un peu changé. J'ai l'impression que les gens m'inspirent beaucoup également. Je vois comment ils me traitent, comment je les traite, comment ils se traitent entre eux. Ces interactions m'inspirent à raconter des histoires dans mes chansons, pour combler les lacunes sociales. Avoir autant de temps avec moi-même, ça m'amène à me connecter avec les parties les plus profondes de ma personne. C'est pourquoi j'ai créé 4 personnages. Juste pour avoir de la compagnie. [rires]

Je mélange définitivement les genres, donc il est possible qu'il y ait des choses de l'eurodance et du R&B que je finis par adopter dans ma propre musique, inconsciemment.

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Bovine, un des alias de Shygirl

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?
SHYGIRL : Quand je travaille, j'écoute des trucs complètement opposés à ce que je fais. En ce moment, j'écoute de vieilles chansons classiques de R&B et de rap, parce que tout est vraiment relaxant et et ça m'éclaircit l'esprit. Mais je mélange définitivement les genres, donc il est possible qu'il y ait des choses que je finis par adopter dans ma propre musique, inconsciemment. Comme la façon dont certains artistes jouent avec les mots ou même les espaces entre le chant et l'instrumental.

Tu es en quelque sorte en train de ramener les mélodies eurodance et les rythmiques R&B des années 2000...
SHYGIRL : Tu vois ? C'est totalement inconscient. Je n'ai pas grandi en écoutant du rap du tout, j'écoutais plutôt l'eurodance et la musique électronique en général. Mais l'autre jour, je faisais une playlist, et mon dieu, il y a tellement de femmes formidables qui font des trucs de ouf en rap. Ce n'est pas "arf, encore une autre Nicki Minaj", non, ce sont vraiment de grandes artistes, avec des univers singuliers. Il y a plein de place pour la nouveauté dans cette industrie et c'est stimulant.

Tu as travaillé avec Arca, Sophie... que retiens-tu de toutes ces collaborations ?
SHYGIRL : Je me sens incroyablement chanceuse d'avoir collaboré avec toutes ces personnes. Elles sont tellement inspirantes, dans leurs façons d'interagir avec le monde via leur musique. Arca et Sophie sont définitivement deux artistes exceptionnelles selon moi. On ne se connaissait pas vraiment avec Sophie, avant de faire de la musique ensemble, donc c'était vraiment intéressant de travailler avec quelqu'un qui apprécie l'artiste et son art sans te connaître en tant que personne au préalable.

Cruel Practice pouvait se traduire comme "J'existe", et Alias c'​​est plutôt "Je suis dans la pièce et j'en prends le contrôle".

Shygirl

Et concernant Arca, je l'ai rencontrée sur Instagram, après la sortie de Cruel Practice. Elle m'a contacté et nous sommes restées en contact depuis. Cette année nous a beaucoup rapproché, avec toutes les chansons que nous avons faites toutes les deux ("Watch", "Unconditional"...). Cela a également validé notre amitié, une amitié qui nourrit la musique que nous faisons. Tout cela est inspirant et donne une leçon d'humilité lorsque vous rencontrez des tonnes de personnes formidables.

Vous savez, quand je venais de sortir quelque chose pour la première fois, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. C'est bizarre d'être propulsée sur une scène où l'on est vu et remarqué par des gens qui ne vous connaissent même pas. Et c'est soulageant d'être appréciée par ces personnes qui vous valident.

Concentrons-nous maintenant sur Alias. Vous avez créé plusieurs alter ego. Quel est le concept derrière eux ?
SHYGIRL : C'est un peu comme "Laissez-moi me présenter - Partie 2". Cruel Practice pouvait se traduire comme "J'existe", et Alias c'​​est plutôt "Je suis dans la pièce et j'en prends le contrôle". Je parle de moi de 4 manières différentes. C'est une plongée dans tout l'aspect narcissique que peut présager un disque. Je jette ma personne au beau milieu de tout ça pour faire vivre toutes ces parties de moi-même. Je veux vivre avec elles, et je veux aussi que les gens vivent avec elles, qu'importe s'ils les aiment toutes ou s'ils n'en aiment pas certaines. Voilà de quoi parle vraiment Alias.

Y aura-t-il une "affaire à suivre" avec elles ?
SHYGIRL : Je veux laisser cet EP ouvert. Ces alter egos existent, et j'ai pensé qu'il était nécessaire qu'ils existent. Parfois, je veux juste suivre mon instinct. Je ne sais pas jusqu'où ira mon voyage dans la musique, mais je veux qu'ils continuent de se développer, je veux qu'ils évoluent. Peut-être qu'ils redeviendront une forme unie comme dans Transformers, pour fusionner ensuite sous une toute nouvelle forme. [rires]

Ce qui me manquait les premiers mois du confinement, c'était le soulagement physique lorsque je joue, cette sorte d'endorphine qu'on obtient lorsqu'on est sur scène.

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Bae, un des alias de Shygirl

En parlant de formes... Diriges-tu tous les projets de vidéoclips ?
SHYGIRL : Oui. En fait, j'étais beaucoup dans l'image avant de faire de la musique. C'est là que je suis probablement devenue si perfectionniste, à vouloir tout contrôler. Je peux vraiment tout imaginer visuellement lorsque je compose mes chansons. Je pensais qu'il serait difficile de trouver quelqu'un qui pourrait oeuvrer avec ma vision des choses et animer toutes ,mes pensées. Mais j'ai réussi à travailler avec des personnes très talentueuses pour mes vidéoclips, comme Aidan Zamiri, Mischa Notcutt, Maurice Andresen et Sy Blake. Ils savaient exactement comment matérialiser mes idées folles. C'est très satisfaisant de voir quelque chose d'irréel devenir réel.

Comment as-tu géré le confinement ?
SHYGIRL : Les premiers mois, j'avais tellement de hauts et de bas, parce que je ne savais pas comment m'adapter à ce nouveau rythme de vie. Je faisais beaucoup de shows avant le confinement, et j'en avais plusieurs encore sur mon agenda. Ce qui me manquait c'était le soulagement physique lorsque je joue, cette sorte d'endorphine qu'on obtient lorsqu'on est sur scène. C'était bizarre de faire face à ce manque d'excitation. Et finalement, j'ai réussi à en tirer le meilleur parti. Le confinement m'a beaucoup aidé dans le processus de création de mon EP, me fixant des standards plus élevés et en voulant plus pour moi.

A-t-il repoussé sa sortie ?
SHYGIRL : Pas vraiment, c'était un peu en vrac tout ça, de base. J'ai fait une chanson pendant le confinement qui a fini par être retenue, intitulée "Tasty". Je suis très contente de la façon dont tout s'est passé et d'avoir été en sécurité tout le temps, tout comme mon entourage. Cela ne me dérange pas de publier quelque chose pendant que tout le monde est chez soi car, au moins, il n'y a pas de distraction. Tout le monde est concentré sur les nouveautés. C'est comme dire "hey, tu n'as rien de mieux à faire ? Tu devrais écouter mon nouvel album". [rires]

J'ai mes propres goûts et c'est quelque chose que j'apprécie vraiment partager. Être capable de gérer l'ambiance d'une salle dès que vous franchissez la porte, c'est palpitant.

Shygirl

J'ai vu qu'une tournée est prévue en 2021... comment tu te sens par rapport à ça, avec tout ce qui se passe en ce moment ?
SHYGIRL : Si tout se déroule comme prévu, je devrais être en tournée en mai prochain. Cette crise nous tient tous sur vos gardes, mais nous devons de toute façon faire des plans pour l'avenir. Et c'est cool d'attendre quelque chose avec impatience. J'ai hâte de rencontrer mes fans aussi.

Tu vas jouer au festival We Love Green à Paris. Excitée ?
SHYGIRL : Oui ! J'ai hâte. J'adore aller à Paris, j'ai toujours passé de très bons moments là-bas. J'ai des tonnes d'amis qui y vivent. Je viens d'annoncer la tournée sans même leur dire. C'était une surprise pour eux !

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Les 4 avatars de Shygirl

Des projets à venir ?
SHYGIRL : Oh la la, j'ai beaucoup travaillé pendant le confinement. Il y a certainement beaucoup de nouveautés à venir, en termes de musique. Et ça ne cesse de s'améliorer, crois-moi. J'espère que les gens vont adorer. Oh, au fait, quelle est ta chanson préférée de l'EP ?

"Siren", sans aucun doute.
SHYGIRL : [rires]. Ah ouais ? C'est drôle que vous citiez celle-ci car en faisant la setlist, j'ai réalisé que c'était celle que j'écoutais le moins. Pourquoi celle-là?

Cela fait revivre la bonne vieille eurodance que j'écoutais en grandissant aussi. J'aime beaucoup (et secrètement) l'eurodance. Mais j'aime aussi beaucoup Twelve. Comment s'est-elle retrouvée sur la dernière vidéo de la nouvelle collection de Mugler?
SHYGIRL : J'aime beaucoup teaser et voir ce que les gens pensent. Et quand j'ai sorti le clip de "Freak", je portais "numériquement" le look 25 de la collection Mugler SS20. Je ne leur ai même pas parlé avant, je l'ai juste fait. Puis Casey Cadwallader, le directeur créatif de Mugler, m'a envoyé un message disant qu'il aimait ce que je faisais. J'étais une option pour leur tournage vidéo, ils ont adhéré à ma musique avant même la sortie de "Freak", alors je leur ai envoyé "Twelve", et ça a matché. C'était un honneur. Tout mon voyage est béni de rencontres inattendues et de grandes opportunités. Le meilleur reste donc à venir, sûrement...

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La pochette d'Alias, le nouvel EP de Shygirl

"Alias" - Shygirl
Because Music
EP sorti le 20 novembre 2020

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