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Rencontre : Lille la nuit par Address Hymen

Rencontre : Lille la nuit par Address Hymen

By Charles Crost
07 Nov 2016

Issues de différentes sphères de la musique à Lille, Amandine, Manar et Violette se sont associées pour former Address Hymen, un DJ gang devenu omniprésent dans la métropole. Les filles parfaites pour trouver son chemin dans une ville où la fête devient vite hyperactive.

Villa Schweppes : Comment et quand avez vous décidé de formaliser le collectif Address Hymen ?

Amandine : On a décidé de tout ça à l'anniversaire d'une pote, il y a quelques mois. On a très vite commencé à rassembler des morceaux pour créer une base commune, et on s'est rendu compte qu'on en avait plein en commun. Ça s'est fait assez naturellement, sans ambition pure.

On vous trouve aux line-ups de soirées très variées. Est-ce lié à vos différents parcours professionnels ?

Amandine : J'étais label manager chez Alpage Records, je suis co-manageuse de You Man et je suis aussi chroniqueuse dans Han Han Magazine.

Manar : Je suis manageuse des groupes Grifon et Azur. Je file aussi pas mal de coups de mains à Ah Bon Production et je m'occupe de la communication et du suivi de production pour PZZLE Festival.

Violette : Moi j'ai pas d'implication particulière dans la musique.

Manar : Mais elle aime la bière et les concerts, donc elle a un excellent catalogue musical. Elle s'en rend pas compte, mais elle ramène des choses dingues, genre des morceaux japonais ou russes hyper intrigants etc... Il n'y a pas besoin de bosser dans la musique pour en écouter de la bonne. Au contraire.

Comment vous abordez les sets quand vous jouez avec les popeux de Vesuvio Solo ou en after d'Odezenne ?

Violette : On ne fait pas du tout les mêmes sets.

Manar : On a calculé, on a une base commune de pas loin de 29 heures de musique. Selon le cadre dans lequel on joue, on s'adapte, mais on ne sert pas la soupe pour autant. Quand on joue derrière Odezenne à l'Aéronef, on va jouer un gros set de rap qu'on aime bien, parce que c'est l'occase quoi.

Amandine : On sort les Tommy Genesis, les Princess Nokia, Schoolboy Q, etc...

Rencontre : Lille la nuit par Address Hymen

Violette, Amandine et Manar

Du coup, ça vous donne une vision vachement large de la ville.

Amandine : Ça fait 5 ans que je suis à Lille, j'ai commencé par faire des chroniques et des interviews autour de la musique pour une radio locale. Ça m'a permis d'aller à plein de concerts alors que j'avais pas un rond. C'est là que je me suis rendu compte qu'on était dans un endroit génial : on est entre Paris, Bruxelles, Londres et même les Pays Bas. En plus on a des bonnes salles, le Grand Mix, l'Aéronef, le Magazine Club et ses gros noms. Niveau concerts, y a énormément de trucs à voir.

Manar : On a des programmateurs compétents, qui n'hésitent pas à prendre des risques. Quand on voit un groupe annoncer une tournée, on est presque sûres qu'il passera par Lille, et ça c'est cool.

C'est une ville assez peu marquée par le clubbing par contre...

Violette : C'est vrai qu'il y a un vrai grand club, le Magazine Club. Il y a un nouveau club qui vient d'ouvrir, le Baron, on va voir ce que ça va donner.

Manar : La première prog que j'ai vu, c'était Mijo, ça promet ! En plus c'est sur la Grand Place, donc en centre ville. Il y a aussi le collectif Mat Rang qui organise des raves party, mais aussi des fêtes là-bas, avec un public jeune. Après, tu as un autre rendez-vous, ce sont les Jeudis de Saint-So.

Amandine : La Gare Saint-Sauveur, c'est un lieu qui appartient à la mairie. Ce sont des copains qui font la programmation, et ils la font bien : la prochaine fois, c'est Cosmo Vitelli qui vient jouer. On l'a vu à la Java , et cette fois-ci, le voilà qui arrive à Lille, avec une entrée gratuite, c'est trop cool !

Il y a une dynamique particulière du côté des acteurs ?

Amandine : Il y a beaucoup de collectifs. Pour le coup, à l'Aéronef, ils ouvrent vachement leurs portes aux collectifs Lillois. Ça, ça n'existait pas il y a encore 3 ou 4 ans. Ils ont bien compris qu'il y avait une inflation sur les lives et les tournées, et que c'était plus intelligent de compléter les plateaux avec des acteurs locaux.

Y a des collectifs clés à ne pas rater ?

Amandine : Apérotisme. Charly de Han Han fait venir plein de gens trop cool, genre Chevalier Avant-Garde, Jef Barbara, Cosmetics. Ah Bon Prod, pour le post punk et tout ça.

Manar : Ouais, c'est les premiers à faire Motorama quand ils passent dans le coin par exemple. Essaie Pas, ce genre de choses.

Amandine : Nico d'Ah Bon nous fait jouer pour les 5 ans avec Zombie Zombie, d'ailleurs. Sinon, je pense aussi à la Cave aux Poètes à Roubaix a fait de la place pour des gens comme La Classique, et ça prend.

Manar : En plus, ils fidélisent leur public en faisant des warm ups tôt et des afters tard, donc on peut prendre le dernier et le premier métro sans stresser quand on vient de Lille.

La dynamique de Métropole, ça fonctionne au niveau des sorties ?

Amandine : Quand on dit Lille, on parle évidemment toujours de la métropole, Tourcoing, Roubaix...

Violette : C'est bien desservi en métro.

Pour prendre des extrêmes, est-ce que le public peut passer du Centre Culturel Libertaire au Magazine Club ?

Amandine : Ben oui !

Manar : En plus c'est pas loin. Oui, c'est carrément différent. Evidemment, les habitués du CCL n'iront peut être jamais au Magazine, mais ceux qui vont y voir un concert de temps à autres peuvent se retrouver facilement à faire la fête au Mag.

Amandine : Par contre, le public de la Gare Saint-Sauveur, plutôt étudiants, ira sûrement moins au CCL par exemple.

Manar : Je ne suis même pas sûr qu'ils connaissent. Tu as vraiment tout en ville.

Amandine : Ouais, y a la scène rap aussi, même si je la connais moins bien. Pour l'anniversaire de Manar, on lui a offert des enceintes, et c'était les enceintes sur lesquelles avaient été produites des tracks de Gradur par exemple.

Manar : Il y a plein de trucs qui sont enregistrés dans les caves de Roubaix, dont on entend pas trop parler. D'ailleurs, ici, les studios sont pas trop chers, genre dans les Maisons Folie...

Amandine : On n'en a pas parlé d'ailleurs ! Y a deux Maisons, la Maison Folie Moulin et la Maison Folie Wazemmes.

Violette : C'est ce qui reste de l'époque où Lille a été Capitale Européenne de la Culture, en 2004.

Ça a beaucoup changé la ville ?

Violette : Apparemment, Lille est la seule ville a avoir été rentable là-dessus et à avoir réussit à pérenniser des lieux. Ils ont réhabilité des lieux pour en faire des salles de concerts et des complexes culturels, dont ces deux Maisons.

Amandine : Il y a aussi ce truc à Lille où, si tu fais un ticket à plus de 10 ou 15 euros, ça passe mal. On a maintenant une culture des entrées gratuites et des événements abordables. En plus, les boissons ne coûtent pas chères, sûrement parce qu'on est proche de la Belgique. Ça crée des conditions idéales pour qu'il se passe plein de choses.

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