On a trouvé le nouveau Rone : il est Chilien et s'appelle Ricardo Tobar

On a trouvé le nouveau Rone : il est Chilien et s'appelle Ricardo Tobar

By Charles Crost
08 Oct 2013

Il s'appelle Ricardo Tobar et ré-invente une électro rêveuse et sale, qui joue avec l'esprit comme avec le corps. Son album sort à la fin du mois, on l'a écouté et on peut le dire : le nouveau Rone est chilien.

Tout commence sur une première track abstraite, en forme de paysage. Le souffle qui nous plonge directement dans le coeur de ce disque s'appelle "Sleepy" et donne d'entrée la couleur de l'oeuvre : romantisme, finesse et recherche sonore seront du voyage. La seconde piste trouve de quoi satisfaire notre instinct de clubber : "Organza" amène et torture un beat radicalement dancefloor qui n'a de cesse de grimper pour faire frénétiquement déhancher, les yeux fermés et le coeur ouvert.

En cela, le jeune Chilien nous rappelle Rone : ses morceaux semblent composés comme une suite de couleurs, de textures et on l'écoute avec la même fascination que celle que certains ont pour les teintes des tableaux de maître. Si le disque va nous emmener très, très loin dans les sphères de la déconstruction et du vaporeux, il le fera toujours avec un certain aspect progressif, didactique. Le garçon nous apprend au fil des morceaux à parler son langage biscornu. La référence au protégé d'In-Finé semble ainsi revenir sans cesse.

Mais l'univers de Ricardo Tobar est plus sombre, plus radical, bien que tout aussi expressif et dansant, comme un alter-ego nocturne. Il aligne ses samples pour jouer au funambule, risquant à chaque instant de tomber du côté de la turbine dancefloor ou de sombrer dans un expérimentalisme incompréhensible. "Treillis" est un album de jouisseur, pour ceux qui savent écouter sans poser de questions, ouvrant juste les bras à la beauté qui peut se dégager de ces compositions.

Mais il n'y a aucun doute là-dessus : cet album va aussi régaler les DJs. A la façon de Jon Hopkins, il a fabriqué avec "Hundreds" ou "If I love you" des machines à retourner les dancefloors. Testé et approuvé. Ses basses y tirent même parfois vers la musique des bas-fonds anglais des petits frères de Jamie XX . Il ne s'autorise jamais une seconde d'évidence pour toujours surprendre le clubber.

On a plus qu'hâte de le voir débarquer derrière les praticables des clubs parisiens pour diffuser son rêve sonore dans la capitale. Son album sort chez le label français Desire Records le 28 Octobre : pas de doute, nous foncerons chopper le vinyle. Et en attendant, on écoute en boucle ce premier morceau révélé.

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