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Nos paris de la rentrée #5 : Khun Narin, hypnose thaï et aller simple vers l’espace

L’occident tombe des nues en découvrant qu’on ne fait pas que de la musique traditionnelle dans les pays “exotiques “. Nouvelle preuve avec le Khun Narin’s Electric Phin Band.

Après Omar Souleyman passé l’année dernière d’ambianceur de fête de village à icône adulée à la Machine du Moulin Rouge, voici venir le tour de Khun Narin. Ce musicien Thaïlandais et son groupe rappellent que derrière la musique world dont la critique aime souvent saluer l’aspect “authentique” se trouvent des artistes modernes aussi exigeants et qu’originaux.

Laissez donc tomber les clichés. Khun Narin et sa bande jouent une musique psychédélique passionnante, sans contraintes de structures ni de temporalité. On est dans la plus pure désinhibition du début des années 70 appliqué à l’esthetique Thaï. Jusqu’ici, le boulot du groupe consistait à animer les mariages, ce qui explique sa capacité à faire vivre des morceaux sans fins : les gars devaient se coller 4 ou 5 heures de performance non-stop, ce qui exclue d’entrée le format pop de 3 minutes.

Si on regarde l’un de leurs lives, on sera bluffés par leur configuration : un bassiste et un musicien doté d’un instrument local (proche d’une guitare) électrifié sur une sono faite maison, le reste de percussionnistes pour donner du groove aux longues plages sonores que propose Khun Narin. Pour autant, allons y doucement sur la causalité financière : allez demander aux gros expérimentateurs occidentaux s’ils n’ont pas bidouillé une bonne partie de leur matériel.

Parlons de musique : le premier morceau révélé de leur disque, “Lam Phu Thai #1” fait 6 minutes et toute sa longueur est consacrée à l’errance de guitares qui n’en sont pas nourries aux delay et autres réverbérations gourmandes. On oscille entre les nuages et les étoiles, mais ce qui est tout à fait certain, c’est que ce disque ne laissera pas l’auditeur indemne.

Si la musique Thai fascine depuis la fin des années 2000 un public spécialisé, on est prêt à parier que Khun Narin’s va exploser à bien plus grande échelle au point de l’imaginer, par exemple, en cohérence avec la programmation d’un festival comme les Transmusicales ou la Villette Sonique.

On hâte de voir jusqu’où iront ces gars qu’on pourrait presque placer, sur l’échiquier musical, comme un pendant lumineux d’un groupe comme Sunn O))).