Nos paris de la rentrée #1 : Suicideyear, la coldwave du rap

Nos paris de la rentrée #1 : Suicideyear, la coldwave du rap

By Mathias Deshours
31 Juil 2014

Figure à venir du rap anxieux et désolé, Suicideyear est en train de se placer à la proue de la coldwave du hip hop. Avec un premier LP prévu chez Software à la rentrée, Suicideyear est un bon pari de la rentrée.

"Ma musique sonne comme un saignement de nez". L'auteur de cette curieuse image est de ceux à renouveler le vocabulaire du hip hop. De ceux à offrir un langage qui se déclame la voix étranglée ou le poing serré. Il est le Mike Will Made It ou le Young Chop du rap rongé par le spleen. Il a un nom évocateur : Suicideyear.

La coldwave du rap

On l'a connu remixeur de sommets du rap, donnant une nouvelle hauteur à des titres de Lil Wayne, Drake, Future ou Danny Brown (la mixtape Havefun 001) où le dirty south évoluait dans un décor baroque. On l'a reconnu sur Japan (en 2013) où ce sont ses vues sur une trap romantique et intime qui impressionnaient. Seulement 19 printemps dans les artères et pourtant James Proudhomme, l'enfant de Baton Rouge, sculpte avec un coup de burin déjà singulier un rap de chambre (froide) où l'on trouve le secret de l'intime, le confort de son intérieur mais aussi une terrible solitude et une pesante mélancolie. En court, Suicideyear, c'est la coldwave du rap (aux côtés de Yung Sherman, Lil Sad, Howlings...), élève de Holy Other, oOoOO ou Clams Casino, il est la figure à venir du rap anxieux et désolé. Une démarche remarquable et d'ailleurs remarquée par Daniel Lopatin (Oneohtrix Point Never ou ce que l'électronique porte de plus excitant pour l'appareil cognitif depuis quelques mois) qui l'a recruté sur son label Software.

Un premier LP chez Lopatin

C'est ainsi que Suicideyear sortira son premier LP Remembrance à la rentrée. Une première épreuve qui vous colle à la peau comme une laine mouillée, traitant "d'amour et de disparition" (selon son auteur) dans le paysage moite et lourd du sud américain. Si Remembrance emmène l'esthétique de Proudhomme vers l'abstrait, c'est que son auteur souhaitait mettre en musique "son envie d'aller de l'avant et sa difficulté à accepter une disparition" (toujours selon lui). Une bonne graine, aux racines solidement ancrées dans un sol hip hop très fertile et semblant pousser sous son propre soleil. Définitivement, Suicideyear est un bon pari de cette rentrée.

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