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Moodoïd :

Moodoïd : "J'entretiens des rapports privilégiés avec mes chansons"

By Marine Normand
09 Déc 2013

Moodoïd, alias Pablo Padovani est l'un des nouveaux fers de lance d'une pop psyché à la française. De passage aux Transmusicales, nous sommes allés à la rencontre de l'auteur et interprète de "Je suis la Montagne".

La Villa Schweppes : C'est la première fois que tu joues aux Transmusicales ?

Moodoïd : Non, c'est la deuxième, mais la première fois avec mon projet Moodoïd. On a fait deux concerts. Nous avons joué pour les enfants mercredi, et puis jeudi dans le cadre du festival. On attendait ce moment depuis très longtemps. C'est à peu près notre dixième concert avec cette formation, et se retrouver sur cette scène, immense, devant autant de gens, c'était vraiment magique.

VS : Tu as eu une année très chargée avec ce projet...

M : Moodoïd est un projet qui a à peu près un an et demi. C'est grâce à lui que j'ai intégré le groupe Melody's Echo Chamber (ndlr : Pablo Padovani en est l'un des musiciens). On est partis en tournée un an avec le disque de Melody. En parallèle j'ai travaillé sur l'EP de Moodoïd, réalisé les clips, travaillé sur d'autres clips pour d'autres groupes... Du coup, ça a été une année plutôt intense. En septembre l'EP est sorti, et il s'avère que ça fonctionne bien, j'ai donc l'impression que l'année prochaine va être aussi chargée...

VS : Tu as collaboré sur cet EP avec Kevin Parker de Tame Impala ...

Oui, j'ai produit cet EP avec Adrien Pallot, et il a été mixé par Kevin Parker. Je travaillais sur cet EP en même temps que la tournée avec Melody, et je cherchais quelqu'un pour le mixer. Kevin Parker ayant produit le disque de Melody's Echo Chamber, ça m'a permis de le rencontrer et de lui demander s'il serait partant pour mixer les morceaux. Il m'avait vu une fois chanter un ou deux morceaux de Moodoïd au Motel et il était partant. On est partis dans cette aventure là, qui a été très longue, car si j'ai un agenda de ministre, lui en a un de président ! Je lui ai fait parvenir toutes les pistes et il a travaillé comme il a pu la tournée.

VS : Le succès de Tame Impala comme le tien marque le retour du psyché : saurais tu expliquer pourquoi ?

M : J'ai l'impression qu'actuellement il y a deux sortes de besoins. Soit un truc très grave, un peu social, un peu dur, soit quelque chose qui va être ouvert sur le rêve. Avec Moodoïd, j'ai envie que ce projet inspire la liberté, quelque chose sans formatage et bourré de joie.

VS : Comment t'es venu l'idée de faire de la musique Psyché avec un chant français ?

M : Je pense que c'est dur pour des français de chanter en anglais, plus que chanter en français... J'ai l'impression qu'il y a une sorte "d'idée reçue" là dessus. Pendant 20 ans beaucoup de groupes français ont chanté en anglais : cette logique est pour moi un peu bizarre, chanter dans sa langue maternelle est quand même beaucoup plus simple, même pour mémoriser son texte... Personnellement, j'écris mes mélodies avant, et j'essaie ensuite de caler mes textes dessus. C'est donc plus simple de travailler comme cela avec le français, c'est plus fluide et ça épouse mieux les mélodies. La langue française peut être pour moi aussi douce que rythmée.

VS : Tu es signé sur le label Entreprise , qui est une belle écurie de nouveaux talents, tu es content de faire partie de la 'team '?

M : Quand ils m'ont proposé, il n'y avait rien qui était sorti : ils m'ont proposé au moment où ils créaient le label. J'aime beaucoup Michel et Benoit, qui sont à l'initiative de ce projet, et ce sont des mecs très chics, passionnés de musique. C'est cool de travailler dans ce contexte là, avec des gens qui sont à l'écoute et amoureux des projets qu'ils encouragent.

VS : Les mélodies de Moodoïd sont complexes : tu mets longtemps à composer ?

M : J'entretiens vraiment des relations privilégiées avec mes chansons. Elles font vraiment référence à des moments de ma vie, des souvenirs. Ce sont des choses que j'ai écrites de manière très spontanée, suite à une émotion, j'ai pris mon instrument et j'ai composé. J'aime aussi procéder à des collages, j'enregistre des moments quand je prends ma guitare, et je me dis " ah, ce riff irait bien avec celui là ". Je consolide tout ça, et les morceaux prennent vie de manière assez naturelle.

VS : Vous êtes quatre sur scène : qu'apportent tes musiciennes ?

M : Moodoïd est mon projet : c'est moi qui arrange tous les instruments. Mais les musiciennes, qui ont une personnalité incroyable, apportent quelque chose d'énorme. Sur scène, on se présente comme un spectacle, pas comme une redite du disque. L'idée c'est d'amener les gens ailleurs. On est costumés, maquillés, on incarne des personnages. Ce n'est pas mis en scène, mais il y a quelque chose qui vient du jeu, et de l'humain.

VS : Quels artistes t'ont influencé ? On retrouve un peu Bowie dans le costume, ou l'invention de personnages...

M : J'ai eu mes premiers groupes quand j'avais 15 ans, et tout de suite, je n'ai jamais pu imaginer aller sur scène sans me déguiser. Dans mon premier groupe, on avait des robes de chambre incroyables. J'ai toujours eu cette envie d'être un personnage, finalement.

VS : C'est effrayant d'être soi-même sur scène ?

M : Non, puisque je le fais facilement pour Melody's Echo Chamber. Mais je trouve que pour mes musiques, cela aide les gens à rentrer dans un univers. Ça reflète aussi ce que j'aime en tant que public. D'être costumé, d'être un personnage, les gens ne savent pas vraiment à quoi s'attendre, et ils sont obligés de te faire confiance pour que tu les emmènes dans un ailleurs.

VS : Quels sont tes projets pour 2014 ?

M : Le 20 décembre, je rentre en studio avec un producteur que j'adore, Nicolas Vernhes, qui a travaillé avec notamment Animal Collective, Deerhunter et Dirty Projectors. Trois mois qui s'annoncent très intenses, enfermés dans cette bulle...On reviendra au printemps avec un disque et une tournée du coup !

VS : Tu sors beaucoup ?

M : Je fréquente de façon quotidienne Les Pères Populaires, qui est métro Buzenval. C'est un peu mon QG, il y a une ambiance très berlinoise qui s'en dégage, tu peux y flâner toute la journée...Tu t'y sens bien.

VS : Un bon souvenir de concert ?

M : Avec Melody's Echo Chamber, il s'est passé des trucs absolument dingues, notamment les concerts au Primavera Festival, c'était très impressionnant. Avec Moodoïd, on a fait des trucs assez marrants. Notre premier concert au Trabendo était de cet acabit. Les gens n'avaient finalement vu que notre premier clip, et nous attendaient au tournant. C'était magique pour nous, et amorçait ce qui allait se passer dans les mois à venir.

VS : Parlons de tes clips : tu travailles avec quelqu'un en particulier ?

M : A coté de ma carrière de musicien, je suis aussi réalisateur de clips. Je réalise pour moi, mais aussi pour les autres. J'ai du faire 6-7 clips cette année. J'ai réalisé la seconde vidéo de Moodoïd, " De Folie Pure ", alors que la première, "Je suis la Montagne" a été réalisée par un ami à moi, Jerôme Walter. J'ai fait le montage.

VS : Qu'est ce qu'on peut te souhaiter pour 2014 ?

M : Que le disque soit magique ! Que les gens rentrent dans notre univers. Il me tarde de faire cet opus, j'attends cela depuis trois mois, et j'espère qu'il répondra aux attentes des gens. Tous les morceaux sont faits, je les écris en me retirant a la campagne, comme j'avais pu le faire avec l'EP, pour peaufiner toutes mes chansons.

VS : Des collaborations ?

M : Oui, j'ai envie d'inviter beaucoup de musiciens sur cet opus, mais pour le moment rien n'est sûr. Je veux que ce disque soit un lieu de passage. J'aimerais bien que les musiciens de Melody's Echo Chamber viennent mettre leurs touches, que mon groupe joue aussi, je n'ai pas envie de faire un disque en solitaire.

VS : La question que tu aurais aimé que je te pose ?

Je sais pas... Où manger un truc bon à Rennes ?

VS : Tu as trouvé ?

M : Heu non. J'ai entendu parler de la galette saucisse, mais j'ai pas osé...J'ai testé par contre la galette/raclette, c'est un peu farfelu.

VS Une question qui n'a rien à voir : tu mets beaucoup de temps à te démaquiller ?

M : Oui, c'est l'enfer. Les paillettes restent des mois. Même en les enlevant, une ou deux restent toujours coincées...

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