Miley Cyrus est-elle la nouvelle Madonna ?

By Charles Crost
13 Sep 2013

Miley Cyrus est-elle la nouvelle Madonna ? @DR

Miley Cyrus est-elle la nouvelle Madonna ?

M.C

Miley Cyrus est-elle la nouvelle Madonna ? @DR

Miley Cyrus est-elle la nouvelle Madonna ?

Miley Cyrus, nouvelle idole!

Miley Cyrus est-elle la nouvelle Madonna ? @DR

Miley Cyrus est-elle la nouvelle Madonna ?

Miley Cyrus, notre idole

Miley Cyrus serait-elle l'artiste la plus classe que l'overstream ait produit depuis longtemps ? A la rédac de la Villa Schweppes, on fait résonner "Wrecking Ball" en boucles depuis sa sortie. Pourtant, on n'est pas toujours les plus gentils avec les it-girls de la musique US. On vous explique par A + B pourquoi c'est

Miley Cyrus serait-elle l'artiste la plus classe que l'overstream ait produit depuis longtemps ? A la rédac de la Villa Schweppes, on fait résonner "Wrecking Ball" en boucle depuis sa sortie. Pourtant, on n'est pas toujours les plus gentils avec les it-girls de la musique US. On vous explique par A + B pourquoi c'est notre nouvelle idole.

Jouons cartes sur table, nous sommes par nature des gens plutôt indies, voire par moment carrément underground. On a vu passer Nicki Minaj & co sans sans s'émouvoir plus que ça, on est généralement plus Camilla Sparks que Rihanna. Quoi que. Mais la renaissance de Miley Cyrus à tendance à tourner à l'obsession de notre côté, on a donc cherché à comprendre pourquoi.

Elle fracasse le milieu pour le reconstruire à son image

D'abord, il y a eu ce choc populaire qu'était son passage aux MTV Video Music Awards. Face à un Robin Thicke macho-ringard, elle développe une véritable rébellion en langage pop. En utilisant simultanément un effet miroir et une gestuelle proto-vulgaire (et compréhensible par le plus grand nombre) elle invente une réponse à l'imagerie phallocrate du Mainstream US. Elle fait trembler l'Amérique du Tea Party et tue le père par la même occasion en poignardant Disney, tel Brutus avec Cesar.

Laissant toute la cité mainstream en ruine, il était temps pour elle de construire un nouvel empire. Dans un univers où la composition musicale ne compte plus tant que ça, l'importance va dans les décisions qui ont trait à la vidéo. Elle –et tout l'équipe de communicants qui co-organisent pointilleusement ce putsch- décide de faire appel à Terry Richardson. Le photographe est de loin le plus provocateur –et le plus créatif ?- de la bulle culturelle que produisent les blockbusters US. Il a par ailleurs fait ses classes dans la scène punk des 90's. Le résultat de la collaboration laisse tout le monde par terre. Dans le tout récent "Wrecking Ball", sa nudité fera d'abord parler les naïfs et les aveugles. Mais ce qu'il se passe autour de ces scènes est largement plus intéressant.

Elle joue des codes et s'inspire des plus grands

Le clip offre une véritable relecture pop des travaux du plasticien-génie Anselm Kiefer, créant un paysage de désolation tout à fait adapté à la situation. Mise en perspective avec la destruction active d'éléments grisâtres et industriels (le star-system ?) et une obsession pour le blanc immaculé (culottes, murs etc...), sa nudité est le signe criard de l'accouchement violent de cette nouvelle princesse de la pop culture.

Elle joue l'émotion, certes, mais lance surtout les regards fiers de celle qui vient de vaincre, de celle qui vient de reprendre son indépendance (qui, rappelons-le encore une fois, est orchestrée par une armée de marketeux, etc... mais là n'est pas le souci). Quant aux poses lascives, elles ne sont que des coups de marteaux supplémentaires dans les murs de Disney et de la picket fence US.

Des messages fort en filigrane

Un mot sur sa coupe de cheveux. Une fille devient une femme en se coupant les tifs, disent certains. Elle, en tout cas, a choisi de donner un sens quasi-politique à ce nouveau style : sa coupe, courte et méchée, provient historiquement du milieu lesbien et des riot-girls. A l'heure des débats sur le mariage gay aux Etats Unis, elle lance un message à toute une population qui ne s'embarrasse pas trop de questions sociétales ou idéologiques, des adolescentes en fleur au quarantenaire fané devant sa télé. Et elle envoie depuis son perchoir de superstar un signe peut-être même plus fort encore que celui des Femens dans une certaine idée de la libération de la femme en général. Dans un monde aussi verrouillé et cadré que celui de l'overstream, c'est déjà un sacré geste, d'autant qu'elle a multiplié les interventions en faveur du mariage homosexuel par le passé et ne cesse de parler de l'importance "d'être libre".

Pour conclure, Miley Cyrus a tout de la nouvelle Beth Ditto : un message qui se veut libérateur, un usage intelligent des codes et une popularité qui pourrait ne pas cesser de grimper, jusque dans les sphères les plus élitistes. Non pas pour ses tracks, évidemment, mais pour elle-même. Parce Miley, définitivement, transcende par son symbole les différentes couches de la population, sans avoir peur de cliver, en intellectualisant, comme Alyssa Milano récemment, la recherche du clic (la nudité) et en trouvant finalement un succès incroyable auprès du plus grand nombre.

"Wrecking Ball" n'est donc pas simplement un Guilty Pleasure. On sera attentif à la suite, en attendant la promo de son album à venir, avec maintenant un intérêt maximum et un risque de déception au moins aussi élevé. Si elle ne fait pas n'importe quoi dans les mois à venir, elle pourrait bien prendre le rôle que toutes les micro-divas du monde rêvent d'occuper : celui d'une reine intouchable, que Madonna a laissé vacant il y a déjà quelques années.

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