Marst, la jeune pousse de la techno made in France

By Juliette Hautemulle
28 Mar 2016

Marst, la jeune pousse de la techno made in France @Benjamin Godard

Marst, la jeune pousse de la techno made in France

Le producteur Marst

Marst, la jeune pousse de la techno made in France @Benjamin Godard

Marst, la jeune pousse de la techno made in France

Le producteur Marst

Il s'agit de l'un des producteurs repérés par Laurent Garnier : le jeune Marst, qui était en charge de clôturer la soirée Villa Schweppes BPM au 1988 à Rennes. Ce dernier ne jouait qu'à 4h mais n'a pas raté une miette de la soirée. L'occasion idéale pour le rencontrer avant son set.

La Villa Schweppes : Bonjour ! Tout le monde te présente un peu comme la nouvelle scène techno made in France aux côtés de Traumer, Madben et Zadig. Tu te sens appartenir à ce crew là ? C'est qui ta team ?

Marst : Hello Villa Schweppes ! Alors oui, en effet, on me "classe" dans cette nouvelle scène et ça fait hyper plaisir, évidemment. Mais nous sommes tous différents. D'abord, Traumer a, ces derniers temps, littéralement explosé. Il est parti bien loin dans le cosmos sous ses différents pseudos d'artiste et dans pas mal d'univers différents. Je suis hyper fan de son boulot depuis le départ et je suis très content pour lui ! Madben ? On est super proches et potes. On se marre beaucoup (plus de 54 000 messages Facebook échangés depuis notre rencontre... c'est n'importe quoi, non ?) et je lui dois beaucoup. C'est grâce à lui que ma "petite carrière" a commencé à décoller en 2011 quand il m'avait fait rencontrer l'équipe du festival Astropolis qui m'ont beaucoup apporté. Enfin, Zadig : on ne fait pas la même techno mais je le connais depuis (il réfléchit)... 15 ans peut-être ? À Rouen, ici, c'est notre papa à tous ! Total respect...
Je ne pense pas avoir de "team" forcément, j'ai un côté très solitaire... Mais je côtoie pas mal de gens du milieu et apprend beaucoup d'eux !

Tu joues aux côtés de Ben Klock ce samedi au 1988 à Rennes. Un artiste que l'on pourrait qualifier de plus "expérimenté". Comment tu as appréhendé cette date ?

Marst : Mister Ben Klock... Un grand grand monsieur de la techno actuelle ! Quel parcours et quel producteur de dingue ! Je n'appréhende pas cette date, justement. Ça sera juste un pur plaisir de clôturer après lui comme j'ai déjà pu le faire en décembre dernier à Rouen lors de ma soirée Kontrol co-organisée cette fois-là avec les copains de Cocobeach. Ben est quelqu'un de très simple et de très pro. Rien à dire...

Ça serait un rêve ultime de collaborer avec Laurent Garnier !

Tu joues dans le cadre du Villa Schweppes BPM, un tremplin pour jeunes producteurs. À ton avis, qu'est ce qui fait d'un DJ un bon producteur et inversement ?

Marst : C'est une question complexe parce que j'ai pu constater que d'excellents producteurs ne se révèlent pas si bons que ça lors d'un DJ set et j'ai été surpris par le contraire également... Du coup, je pense que ce qu'il faut, c'est une symbiose de talent, de technique, de simplicité et, surtout, de partage !

Tu te considères meilleur comme DJ ou producteur ?

Marst : C'est difficile de répondre moi-même à cette question ! Je laisse le public seul juge. Mais, en tous les cas, j'essaye de donner le meilleur de moi-même et le plus d' "âme" dans les deux disciplines. Après, il m'arrive évidement d'être moins bon lors de moments de faiblesse. Ces derniers temps, j'essaye quand même de m'appliquer le plus possible ! (sourire)

Marst, la jeune pousse de la techno made in France

Marst

Tu es l'un des fameux petits poulains de Laurent Garnier. En plus d'un mentor, ce dernier pourrait-il aussi devenir un... collaborateur ?

Marst : Joker ? Disons que nous en avons déjà discuté et ce serait juste un rêve ultime ! Mais il a une vie bien bien bien remplie... Rares sont les heures où il n'est pas occupé !

Ça fait 10 ans que tu sors et citais notamment les soirées Wake Up, Automatik, puis Terrassa... Tu gardes un beau souvenir de fêtes de cette époque à nous raconter ? Tu es toujours aussi fidèle au Rex, d'ailleurs ?

Marst : Alors en ce qui concerne les soirées Wake Up, j'en entendais beaucoup parler quand j'étais gamin, mais je ne les ai pas vécues ! Automatik et Terrassa, si... Et c'était quelque chose en effet ! Automatik pour les grosses claques techno au Rex les vendredis avec, toujours, des plateaux pointus et complètement fous... Et Terrassa pour bien finir la semaine le dimanche, posé au soleil l'après-midi et dans la cale du Concorde Atlantique la nuit. Filipe Alves et Nadir Sayah, créateur et D.A de cette teuf, ont beaucoup apporté au clubbing parisien nouvelle génération.
"Toujours aussi fidèle" au Rex ? Et bien, en termes de fréquentation, malheureusement beaucoup moins qu'avant parce que je ne sors tout simplement plus autant à Paris ! Mais je suis toujours aussi fidèle côté coeur, bien sûr ! Ce club reste évidemment la référence ultime et historique en France. Et maintenant, de pouvoir dire que j'y ai (enfin) joué et que j'y rejouerai, c'est juste "Wow" !

À Rouen, il y a quelques bons artistes locaux émergents et des collectifs/ assos/ lieux qui font bien le job

Tu es originaire de Rouen. C'est quelque chose qui est important pour toi ? Qu'est ce que tu penses de la scène locale ?

Marst : Je suis originaire de Paris mais je vis à Rouen depuis longtemps maintenant. J'aime beaucoup cette ville quoi qu'on en dise même si, évidemment, ce n'est pas Paris ou Lyon culturellement parlant... On me demande d'ailleurs souvent : "Mais pourquoi tu ne vis pas à Paris pour la musique ?"... Eh bien j'y suis né et j'ai essayé d'y vivre seul il y a quelques années, mais ce n'est pas vraiment mon truc. Trop speed comme vie... J'ai besoin de calme la semaine avant la folie du week-end et j'aime Rouen pour ça !
Concernant la scène locale, on va dire que c'est plutôt une ville rock et reggae. J'y joue depuis 2006 mais, en termes de musiques électroniques, ce n'est pas fou ! Cela dit, ça va un peu mieux qu'avant on va dire... Il y a quelques bons artistes locaux émergents (sans citer Zadig et Max Fader devenu S3A qui sont désormais tous les deux reconnus chacun dans leurs univers) et des collectifs/ assos/ lieux qui font bien le job. Je pense, par exemple, au (désormais fermé) Yolo Club qui, pendant un an, a accueilli la crème des artistes nationaux et internationaux et à The Underground qui opère maintenant. Je pense aussi aux crews comme Brimfool ou Mauvaise Graine (Bryan et Robin) qui m'ont permis, en 2014/ 2015, de développer mon identité de soirée Kontrol et de faire venir Laurent Garnier, Âme, Rodriguez Jr, Agoria et bien d'autres au Yolo. Pas mal pour une petite ville, non ?

Enfin, tu disais que tu allais sortir ton premier disque vinyle Nanga sur A-Traction, mais dis aussi vouloir sortir un album (on cite) "conçu sur des bases électroniques mais avec de l'acoustique et des cordes et probablement accompagné d'un live". Tu nous en dis plus ?

Marst : Ah l'EP Nanga... Ça fait un moment qu'il doit sortir et qu'il est attendu celui-là ! Je suis bien bien content qu'il voit enfin le jour d'ici deux mois... Ça sera ma première sortie vinyl ! Avant ça, je n'ai pu sortir qu'en digital...
En ce qui concerne l'album, c'est en cours. Je réfléchis au studio dans lequel je vais pouvoir enregistrer ça et avoir un grain de son dément, mais aussi aux collaborateurs que je vais contacter. Je ne peux pas trop en dire plus pour le moment à part que ça sera éclectique et organique, en plus d'être, bien sûr, électronique !

Retrouvez Marst ici !

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