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Le retour des bals musette : on préfère le Twerk à la Mazurka !

Le retour des bals musette : on préfère le Twerk à la Mazurka !

By Charles Crost
02 Jan 2014

Chacun fait ce qui lui plait. Mais suite à la lecture d'un article de Rue 89 posant des bals traditionnels comme alternative au clubbing, nous nous devions de réagir : la proposition fait réfléchir.

Dans son article publié par Rue 89, Anaïs Lauvergeon présente une association, Carambal, qui organise entre Paris et Montreuil des bals qualifiés de "néo-trad" façon musette et danses tradis. Jusqu'ici tout va bien, le vintage est à la mode. Seul hic, ces soirées séduiraient des jeunes gens nostalgiques à qui les "boîtes de nuit" (le mot est si large!) jugées "assourdissantes" donneraient des boutons. Nous ne sommes évidemment pas ici pour vous dicter comment vivre vos nuits, mais ce concept nous a fait réagir.

En effet, c'est d'abord le passéisme de cette proposition qui nous a dérangés. Si les bals traditionnels se sont transformés en bals rock, puis en clubs disco pour finalement devenir des Rex Club, Social Club, Batofar, Espace B ou des Nüba, c'est qu'ils ont été à l'image des transformations de la société pendant la seconde moitié du XXème siècle. Une libération des idées, des corps, de la jeunesse et des moeurs face aux carcans de l'establishment, de la tradition.

Ces bals musettes raisonnent pour nous comme la négation de toutes ces avancées. Le regain d'intérêt de jeunes gens pour ces évènements soulève des questions. Où sont-elles, les nouvelles gardes qui reniaient l'héritage parental pour former leurs propres codes, identités, façon de vivre, et donc, de faire la fête? Ce que l'on nous expose ici est au contraire le fantasme de nos grands-parents, de l'avant-guerre... A l'heure d'une crise économique mais surtout d'une situation d'absence totale de repère, de norme, rêver de nos aïeux ressemble à un abandon inquiétant.

Cela crée aussi de nombreuses questions face au monde de la nuit, celui des "boites de nuits assourdissantes". Nos soirées se sont-elles ghettoïsées au point d'effrayer une génération de "nouveaux entrants" qui ont entre 20 et 30 ans ? Le lien social qu'offraient auparavant les clubs aurait-il disparu en 2013? Où l'image des nuits électroniques a-t-elle été si biaisée par leur mise en scène audiovisuelle qu'elle en devient effrayante pour le nouveau venu ? En effet, on ne compte plus les représentations dangereuses, froides, sexuellement violentes, droguées voire carrément mafieuses du clubbing. C'est face à ça que la génération des jeunes adultes de 20 à 25 ans a été élevée. Est-ce juste ? Non, bien au contraire.

Ces bals sont donc peut être un signal d'alarme pour les promoteurs de fêtes, qui indique le fossé qui se creuse entre les noctambules festifs et le "monde normal". C'est aussi pour ça que le magazine Villa Schweppes.com se fait fort de mettre en avant, aussi, des soirées à taille humaine, conviviales, prêtes à accueillir humainement le quidam qui s'y aventure, loin des usines à danseurs froides haranguée par un DJ à la mode. Il est peut-être l'heure de retravailler ce rapport de proximité. C'est par exemple ce qui nous a séduit au Kat's Club, au Raymond, à la Petite Taverne, à l'Espace B, au Buzz, et pleins d'autres encore. Il faut trouver à nouveau une âme humaine à la mesure des block-parties, ces fêtes de quartier qui ont inventé le hip hop en faisant danser les mères de familles comme leurs adolescents. Recréer le lien social dans la fête.

La forme ne nous semble ici pas la bonne, nous préférerions de loin voir des jeunes twerker sur un remix de Miley, ou se déchainer sur Camilla Sparksss que copier leurs (arrière) grands-parents. Nous identifions l'alarme et invitons tous ces jeunes gens à venir explorer avec nous tous les clubs de proximité dont la capitale fourmille et où ils trouveront, c'est certain, chaussure à leur pied.

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