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Le "Curating" de Tellier : Bambi et John Woo, en mangeant thaï !

By La rédaction
25 Mai 2014

On a essayé de dresser avec Sébastien Tellier l'étendue de ses goûts extra-musicaux : de bons films, des oeuvres plastiques, un lieu idyllique et un bon repas. C'est parti.

Des Bad Boys et un faon

"D'abord, regarder des films, c'est quelque chose qui m'a plus construit que ce que m'ont appris mes parents. Les répliques, de Clint Eastwood dans les westerns, des mafieux dans les Scorcese, ce sont ces personnages qui m'ont appris à vivre. Le ciné a eu une importance énorme dans mon éducation. " Du coup, Le Parrain est le film qu'il cite en premier : "même tout petit, c'était fascinant". Pour autant, ce n'est pas la violence des mafieux italiens qui l'aura bousculé : "Bambi, c'est l'injustice de la mort évidemment. Même tout petit, on comprend ça et on est complètement mis au tapis". Plus tard, c'est au cinéma de John Woo qu'il s'est intéressé : ce qui le branchait c'était tous ces mecs qui essaient de faire des grandes fresques avec des balles dans la tête".

Mais la vraie passion cinématographique de Sébastien Tellier, c'est le cinéma d'Henri-George Clouzot. "Je suis passé par tous les stades du cinéma et aujourd'hui c'est Clouzot. Le film La Prisonnière est pour moi le meilleur exemple : c'est parfaitement maîtrisé, ça parle de sexe mais pas façon Snoop Dogg, avec des gros culs. Et puis aujourd'hui, j'aime aussi Chabrol. Le cinéma américain, j'ai essayé de continuer à en regarder, mais rien que les effets spéciaux, ça m'intéresse pas. On peut essayer de faire un robot toujours plus grand hein ? (rires) Je ne comprends pas comment on peut autant tourner en boucle même sur un plan commercial, je me demande comment c'est intéressant."

Le roi Veilhan et des naïfs

"J'aime beaucoup Xavier Veilhan, parce que j'ai adoré son expo à Versailles. Veilhan incarne pour moi un art très pur, la pureté française. Au-delà de Citroën (rires), les jardins parfaitement rangés... Aujourd'hui Veilhan exprime cette pureté à la française. C'est classe, ce n'est pas agressif, il peut y avoir des couleurs, mais elles ne sont jamais utilisées de manières tape à l'oeil. Il restitue toute la classe de la pureté. En même temps, il y a un côté jouissif, mais pour adulte". Pour sa pochette, il a cherché à aller vers quelque chose de proche de l'art Naïf : "On peut faire de l'Art avec de la violence, de l'Art avec de l'intelligence, mais ce qu'il faut viser si on veut être au plus proche de la réalité c'est coller aux idées de son âme. Et si on veut que produire un Art qui nous ressemble, il faut faire de l'Art Naïf sinon tout le reste c'est du blabla. C'est-à-dire que tout ce qui dépasse du "j'aime/j'aime pas" ça ne m'attire pas, c'est de la fioriture. Il faut présenter quelque chose de très simple, après l'artiste peut présenter les choses en rajoutant des couches de lecture. Je ne me vois pas faire autre choses que des albums d'Art Naïf. Mais il faut un background pour ça, il faut d'abord faire ses preuves, j'aurais jamais pu me lancer là dedans si je n'avais pas fait "la Ritournelle" avant. J'en suis à mon cinquième disque, je peux assumer la mélodie naïve, je peux assumer l'esthétique naïve, d'être moi-même naïf. Si je dis aujourd'hui "c'est joli un arbre" ça n'aura pas du tout la même résonance que si j'avais dit au début de ma carrière "c'est joli un arbre".

Montmartre comme point de chute

"Maintenant ça fait cinq mois que je vis à Montmartre mais j'ai longtemps cherché mon quartier préféré, j'ai pas mal voyagé, j'ai vu Tokyo, Los Angeles. Bon à L.A tu as les Hills. À Tokyo, il y a ce quartier dont j'ai oublié le nom, avec des petites fripes. Et puis, finalement, après tous mes voyages, il s'avère que c'est Montmartre mon quartier préféré. C'est Toulouse Lautrec, Satie. J'adore les Hills mais il y a aucune histoire dans les pierres, c'est chiant. Et puis il y a aucun éclair au chocolat dans la ville. Moi il me faut des pâtisseries. Donc Montmartre pour moi c'est parfait, il y a l'âme, l'Histoire dans la pierre, les pâtisseries."

De la bouffe, pourvu qu'elle soit bonne

Sébastien Tellier aime la bonne chair : "J'aime tout ce qui est excitant à manger. J'aime pas trop le sérieux dans la nourriture donc je m'interdis rien". Il nous le disait que c'est quelque chose qu'il aime particulièrement dans le rapport à l'art des français: "Je peux prendre du poids, en perdre, les gens s'en fiche". Du coup, on laisse les régimes fitness de côté , l'homme préfère se faire plaisir : "J'aime tout ce qui est en sauce, j'aime le boeuf bourguignon, j'aime beaucoup ce qu'on a appelé les " plats bourgeois ". Après ce qui ressemblerait le plus au paradis, c'est la bouffe thaï parce qu'il y a de la surprise, c'est léger et très savoureux".

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