Keluar: Un vent frais sur la musique froide

Keluar: Un vent frais sur la musique froide

By Charles Crost
28 Avr 2014

La vague de froid qui réchauffe le coeur vient tout droit de Berlin. Alors qu'ils sortent leur second disque bientôt, Keluar réveillent la musique wave.

C'est par l'entremise d'une soirée proposée par Black Özlem que les parisiens avaient fait leur première rencontre avec Keluar. C'est aussi en faisant confiance au credo de l'organisatrice – musique " techno-froide " et ambiance queer – que les fidèles avaient pu découvrir ce qui semble être l'une des formations les plus intéressantes d'Allemagne à l'heure actuelle.

En effet, le duo signé sur le label dark parisien Desire Records a cette force incroyable de réussir à fédérer les fans de musique électronique, la communauté goth et les spécialistes de l'indie. La recette ? Des synthés surpuissants, des beats fourbes, des constructions pop et des voix – vraiment – chantées. Ce dernier point est d'ailleurs l'une de leur plus grande force : dans un milieu où les chanteurs semblent bornés à chuchoter jusqu'à ce que mort s'en suive, les lignes habitées de Zoé Zanias donnent de l'air.

Le "goth" pour tous

Leur premier long EP proposait déjà de mêler la cold wave des années 80, faite de synthés et de beats tortueux, avec une production moderne, puissante et une vision très contemporaine des grandes thématiques dépressives de leurs aînés. Si on sent naturellement la marque de l'eyeliner goth sur les yeux, les danseurs ne s'y trompent pas et reconnaissent le potentiel dancey du disque. L'électronicien allemand DSX s'offrira d'ailleurs un remix club de "Fusion".

Ici, l'esthétique mélancolique est servie sans clichés, loin des auto-caricatures dont les musiciens adeptes des musiques " wave " sont capables – " Isabelle a les yeux bleus ", la parodie des Inconnus, semble parfois être une vraie source d'inspiration pour certain de ces artistes. Mais Keluar ne tombe pas dans les pièges de la copie 80's et met l'accent sur l'aspect beau, presque baroque, des courants nés à cette periode.

Comme souvent à propos de ces musiques, les tournées qui ont suivi ont du éviter la France – mauvais hôte pour les artistes " undergrounds " - pour partir vers le grand est. Un comble, quand on sait que leur label est bien en place dans notre capitale et mené sous l'impulsion de Jérôme Mestre, ancien patron du mythique disquaire Rough Trade à Paris. Mais ce non succès dans l'hexagone n'empêche pas le disque de bien s'exporter à échelle indie. Un second opus est à venir prochainement.

Deux morceaux ont été révélés par le groupe sur leur chaîne Youtube et semblent tenir tous deux leurs promesses. "Vitreum" s'offre un chouette clip kaléidoscopique quand la vidéo de "Rupture" s'impose comme un petit chef d'oeuvre. En attendant fermement leur retour en France et la sortie du second EP, on vous conseille de matraquer le bouton " play ", en priant pour que l'hexagone ne rate plus le coche.

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