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JFDR : "L'album est comme une bulle nichée dans un cocon qui se désintègre"

By Antoine RUIZ
11 Jan 2021

Il y a des artistes qui se découvrent par le biais de la musique et d'autres qui ont tout simplement grandi avec, comme la douce islandaise Jófríður Ákadóttir, alias JFDR. Après s'être faite remarquée dans des groupes, elle a commencé une carrière solo, à mi-chemin entre James Blake, FKA twigs et Björk. Une carrière qu'elle poursuit cette année avec un nouvel album (New Dreams) et un nouvel EP (Dream On). Interview.

Un peu comme pour Cecile Believe, 2020 fut pour Jófríður Ákadóttir (prononcé Yo-Frida) une année délibérative et contemplative. La jeune islandaise, mieux connue sous le nom de JFDR, s'était faite connaître à sa puberté lorsqu'elle, sa soeur jumelle et deux amies, se lancent toutes les quatre dans la musique en 2009, avec leur groupe Pascal Pinon; groupe avec lequel elles sortent 3 albums et 3 EPs. Super productive, la prodige ne s'arrête pas là et monte un second groupe, Samaris, avec lequel elle sort également 3 albums et 2 EPs. Ce n'est qu'en 2017 que la compositrice-interprète et multi-instrumentiste opte pour JFDR comme nom pour sa carrière solo. Elle dévoile, en 2017, un premier album – Brazil – abandonnant l'islandais pour l'anglais. À la croisée entre James Blake, FKA twigs et Björk, elle livre ce que l'électronique peut avoir de plus doux, poétique et songeur. Des sonorités qu'on retrouve cette année avec son second album solo, New Dreams, et un récent nouvel EP plus acoustique, Dream On. Rencontre.

Tu es musicalement active depuis 2009. Qu'est-ce qui t'a poussé à faire de la musique en premier lieu ?
JFDR : Mes parents étaient tous les deux musiciens, et ce pendant toute mon enfance. Mon père a continué d'être actif à la fois sur la scène musicale avant-gardiste en Islande ainsi que sur la scène musicale indépendante. Il me conduisait avec ma soeur à des concerts, alors que nous n'avions que 11 ans. J'ai également étudié la musique classique jusqu'à mes 18 ans, ce qui a eu un impact énorme sur moi. Je pense que j'ai eu la chance de ne jamais avoir à "choisir" la musique comme carrière, il s'agissait plutôt de continuer ce que je faisais déjà et de ne pas m'arrêter.

Qu'est-ce qui t'a fait démarrer un projet solo après tous ces groupes et collaborations ?
JFDR : J'ai été encouragée par Shahzad Ismaily, qui m'a poussé à faire quelque chose par moi-même. Dès lors que j'ai pris cette voie, j'ai réalisé à quel point j'en avais envie.

Tu as donc grandi avec la musique. De quelle(s) manière(s) la musique a-t-elle changé ta vie ?
JFDR : La musique a été ma manière de traiter, d'exprimer et d'influencer la vie autour de moi. Elle a toujours fait partie de ma vie, elle y a donné un rythme mais aussi un nouveau sens. Ce n'est plus une question de carrière, mais plutôt de chemin de vie, ponctué de rencontres, de révélations, d'expérimentations et de voyages.

Quelle est ta vision de l'industrie musicale actuelle en tant qu'artiste indépendante ?
JFDR : Je pense que c'est toujours une industrie très difficile, mais les défis changent et prennent très rapidement des formes différentes. Il est important de s'en souvenir et de ne pas être trop précieux sur les choses; de ne pas s'appuyer trop lourdement sur une seule chose si cela a du sens. Il faut aimer ce qu'on fait, profondément, mais il faut aussi être prêt à changer de direction lorsque le courant change. Je pense que la pandémie a bouleversé pas mal de perspectives chez les artistes, et l'industrie de la musique ne fait pas exception.

New Dreams est album plein d'espoir mais aussi très cathartique, et tout le processus, de l'entame jusqu'à sa sortie, m'a fait ressentir une seule et même sensation, à la fois sombre et brillante.

JFDR

JFDR :

Jófríður Ákadóttir, alias JFDR

Qui (ou quoi) t'inspire, dans ta carrière musicale et ta vie quotidienne?
JFDR : Les nouveautés sur lesquelles je me suis focalisée cette année sont l'ethnographie islandaise, le Qi Gong et le retour aux pédales de guitare. L'ethnographie islandaise c'est principalement par curiosité, mais aussi, je me creuse les méninges pour de futurs projets créatifs à développer, explorant les esprits anciens et la conscience connectée. Qi Gong, c'est purement pour l'esprit et le corps; je le pratique avec Gray Gersten. Et les pédales de guitare étaient quelque chose dont je me suis débarrassée il y a de quelques années lorsque je faisais beaucoup de tournées. J'étais fatiguée de porter des bagages lourds [rires]. Mais mon mari et moi sommes revenus d'une manière ou d'une autre à cette façon de jouer avec le son et avons réalisé que c'était un outil magnifique et profond avec lequel interagir.

Cette année a été formidable, avec un nouvel album et un nouvel EP. Quel est le concept de New Dreams ?
JFDR : En réalité, le concept de New Dreams m'est venu bien après sa sortie. C'est un album plein d'espoir mais aussi très cathartique, et tout le processus, de l'entame jusqu'à sa sortie, m'a fait ressentir une seule et même sensation; une sensation assez sombre mais brillante. Je le vois comme une bulle, voilant la vérité, et nichée dans un cocon qui se désintègre.

... Et derrière Dream On ?
JFDR : L'EP Dream On ne faisait pas partie du plan à l'origine, mais vu que je ne pouvais pas tourner, et ce pas avant un moment, je voulais revenir à New Dreams une fois de plus. Je voulais faire quelque chose pour célébrer cet album, le chérir et le présenter à nouveau aux auditeurs de manière plus approfondie.

Qu'est-ce qui a changé depuis ton premier album solo Brésil, dans ta créativité et ta vie personnelle ?
JFDR : Je suis devenue plus âgée, plus établie à bien des égards et plus heureuse de rester assise.

Je me suis mariée en août avec une petite cérémonie, qui fut aussi un moment fort inattendu de cette année si étrange.

JFDR

En dehors de tes sorties récentes, qu'as-tu fait cette année, avec toute cette crise sanitaire en cours ?
JFDR : J'étais en Australie avec mon mari pendant la majeure partie de l'année, l'occasion parfaite pour faire connaissance avec lui et sa famille dans son environnement natif. Nous nous sommes mariés en août avec une petite cérémonie (respectant les mesures bien sûr), qui fut aussi un moment fort inattendu de cette année si étrange.

Une tournée aura-t-elle lieu en 2021 ?
JFDR : J'espère !

As-tu déjà d'autres projets en tête ?
JFDR : Oui, j'ai des projets sur lesquels je vais commencer à travailler l'année prochaine, mais rien dont je suis encore prête à dévoiler. Je préfère garder le secret pour le moment.

Dans le futur, serais-tu partante pour un nouveau groupe, ou poursuivre la route d'un ancien ?
JFDR : Peut-être .. Je ne suis plus nécessairement intéressée par la manière de travailler en groupe, je me suis éloignée de cette façon d'aborder la musique. Cela dit, j'aimerais (et je vais !) collaborer à nouveau avec des gens dans un avenir proche.

"New Dreams" & "Dream On" - JFDR
Krunk Records
Sortis respectivement 13 mars 2020 et 27 novembre 2020

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