Interview : Léo et Simon, fondateurs de Make It Deep

Interview : Léo et Simon, fondateurs de Make It Deep

By Cécile Lienhard
29 Mar 2017

Make It Deep fêtait ses quatre ans il y a quelques jours au Generator Hotel à Paris, nous en avons profité pour faire le bilan de ces quatre années avec eux.

Samedi 18 mars nous étions au Generator Hostel pour fêter les 4 ans de Make It Deep, et nous vous en parlions ici. C'était l'occasion de rencontrer ses deux fondateurs, Simon et Léo, que l'on a attrapé dans les couloirs de l'hôtel entre deux installations de matos pour la soirée.

Villa Schweppes : Comment vous définiriez Make It Deep ?

Simon : Les gens ont souvent tendance à l'oublier, mais Make It Deep, c'est avant tout une émission de radio hebdomadaire, dédiée à la house et aux musiques afro-américaines plus largement. C'est aussi un site web, et, ce sont beaucoup d'événements, une résidence au Djoon, des soirées un peu partout à Paris.

Quelle est l'histoire de Make It Deep ?

Leo : Il y a 5 ou 6 ans, on travaillait tous les deux pour un blog, et un jour Simon m'appelle en me disant qu'il a un pote qui bosse pour une web-radio dans un lycée et qu'il y a des créneaux de libre. Et on a donc construit le projet, et on est là tous les lundis depuis 4 ans.

Simon : On a eu d'autres propositions, des possibilités de partir ailleurs, mais on a toujours voulu garder notre identité. C'était la seule radio qui était trop petite pour nous obliger à prendre son identité, donc on a pu se créer en tant qu'entité.

Notre objectif, c'est de passer d'un émission de radio à une web radio à part entière

Il y a l'émission, mais il y a aussi beaucoup de choses autour, comme les soirées, etc. Comment s'est monté le projet ensuite ?

Simon : Dès le début on savait qu'on voulait faire des soirées. Pendant un an environ on a fait des émissions, puis on a commencé les soirées dans un tout petit bar qui s'appelait Mimi's, un lieu incroyable à Paris qui a malheureusement dû fermer. Puis on a fait des choses au Malibv . Une fête de la musique de fou avec Paul Cut, Gabor, Joss Moog, et on a commencé à se construire un petit réseau. Le vrai tournant a été lorsqu'on a demandé au Djoon de faire une résidence. Ils commençaient à s'ouvrir aux jeunes collectifs à l'époque. On a cartonné : 370 personnes pour une première soirée c'était très bien, et après c'était lancé.

Léo : Ça a lancé notre capital, et on a pu booker des artistes plus importants, et donc avoir plus de gens etc.

Quel est votre bilan des 4 ans ?

Léo : Ça peut paraître long, mais on a l'impression que c'est toujours le début, on a plein d'autres projets. Quatre ans c'est le début d'une nouvelle phase.

Quels sont ces nouveaux projets ?

Léo : Notre objectif depuis le début, c'est de passer d'un émission de radio à une web radio à part entière, avec d'autres émissions, avec des take over, etc.

Simon : Un format un peu comme le Mellotron mais avec de la voix en plus, avec des émissions parlées. Mais c'est très compliqué, c'est cher, ça demande du temps...

Simon : On insiste sur le coté radio, parce que les soirées ça marche pour nous, par contre la radio un peu moins, donc on aimerait que les gens écoutent. Mais tout à l'heure, un mec sur le rooftop, trop mignon, est venu me dire : "Elle est où Léo ? Je l'écoute depuis deux ans et j'aimerais mettre un visage sur sa voix", "J'écoute votre émission toutes les semaines les gars, c'est une émission de ouf !". Et ça fait encore plus plaisir que quelqu'un qui te dit "Super soirée !".

A venir sinon, il y a une soirée au New Morning , pour un nouveau concept : des lives sessions de 19h à minuit avec des concerts. Là, on fait une Japan Connection le 12 avril, ça va être incroyable ! On a aussi une plage du Glazart pour cet été, toujours la résidence au Djoon, et plein d'autres projets en cours... D'autant plus que plus on avance, plus on a envie de faire des choses !

Léo : L'équipe s'agrandit aussi, et un projet qui arrive : la centième de l'émission !

Interview : Léo et Simon, fondateurs de Make It Deep

Léo et Simon

Niveau musical, comment vous faites votre programmation, comment vous choisissez vos artistes ?

Simon : C'est très important de réfléchir sur deux trucs : il faut te faire plaisir, et il faut réussir à faire le lien entre ce que tu vas aimer et ce qui "peut marcher". On essaie de faire des line up pas trop pointus. L'exemple parfait pour moi c'est Chaos in the CBD qu'on a ramené au Djoon cette année, qui était à la fois complètement dans notre délire et en même temps dans une pente ascendante : on savait qu'ils allaient ramener du monde.

Léo : Pour l'émission, chaque semaine on booke un artiste, un collectif ou un label, et c'est de moins en moins compliqué. Au début, on cherchait sur Soundcloud, on ne connaissait personne, et petit à petit on fait des rencontres. Après l'idée est quand même d'aller chercher le truc qui sort de ce qu'on entend.

On ne parlera jamais assez de Joss Moog et Around 7 qui ont été fondamentaux dans notre construction.

Le meilleur moment de radio que vous ayez vécu jusque là ?

Simon : Il y en a tellement, je ne peux pas faire une échelle... Il y a eu des beaux moments, avec Terrence Parker, Los Hermanos Detroit, incroyable aussi, un mec d'Underground Resistance qui est venu à la radio ! Nick V, c'était génial aussi... Mais toutes les semaines il y a des petites anecdotes.

Le pire moment ?

Simon : Un souvenir qui m'avait glacé le sang... On avait reçu Sucré Salé, et les mecs avaient 27, 28 ou 30 ans, et on avait dans les 19 ans. On les reçoit au studio, tout se passe bien, on avait acheté des bières, etc. Et là, on ne sait pas pourquoi, mais le proviseur passe par là, arrive et dit au mec avec sa bière, 30 ans, en plus c'étaient des artistes connus à l'époque, qui avaient joué le jeu, et il lui dit "Jeune homme ! Pas de bière dans le lycée !". Comme si le mec était en seconde, et mon sang s'était complètement glacé.

Léo : Et, rarement heureusement, mais une ou deux fois quand on a voulu exporter l'émission, tout a bugué et on a tout perdu. A chaque fois c'est très frustrant...

C'est de plus en plus facile de faire venir les gens à la radio ?

Simon : Oui, beaucoup plus. Mais il y en a qui ont joué le jeu... Par exemple on ne parlera jamais assez de Joss Moog et Around 7 qui ont été fondamentaux dans notre construction. De vrais artistes reconnus qui nous pris sous leur aile et qui nous ont porté avec eux, et avec qui ensuite il y a eu un échange.

Quels sont vos clubs préférés à Paris ?

Simon : Moi le Djoon : un lieu génial, avec une équipe géniale avec qui on s'entend super bien, on bosse vraiment main dans la main.

Léo : Oui j''adore, parce que ce n'est pas une cave, c'est tout en baies vitrées, et l'été à 6h du mat', le soleil se lève et c'est hyper lumineux...

Simon : Il y a dix mètres de plafond, un soundsystem génial, c'est un club chaleureux, et c'est la meilleure programmation de Paris ! Ils font aussi partie de ces gens qui sont ouverts aux jeunes collectifs et qui ont accepté de nous prendre sous leur aile : on a eu l'impression d'être intégré dans un projet et de faire partie d'une construction sur l'avenir. Le New Morning aussi, mais pas en tant que club, plutôt salle de concert. La Machine du Moulin Rouge , j'adore, la Marbrerie que j'ai découvert récemment, qui est incroyable, à Montreuil, je conseille à tout le monde d'y aller ! Il y en a beaucoup...

Léo : En ce moment pour moi c'est plutôt salle de concert, comme la Maroquinerie.

Les artistes du moment à suivre selon vous ?

Léo : Tous ceux qui sont sur Make It Deep... (rires)

Simon : Des mecs comme Tell, toute l'équipe Beat X Changer aussi, il faut vraiment que les gens les suivent, c'est un label de ouf !

Leo : Folamour, j'adore, le mec a lancé deux labels en un an, c'est très qualitatif, mais il y en a plein ! Toujours de nouvelles choses à découvrir.

Simon : Into The Deep Records, ils ne produisent pas mais ils ont leur label et ils mixent. Mais allez voir la prog Make It Deep de cette année !

Site internet de Make It Deep, les podcast , et leur prochaine soirée au New Morning.

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