Forty-eight minutes avec Yan Wagner

By Marine Normand
03 Oct 2012

Rencontre avec Yan Wagner à l'occasion de son premier album forty-eight hours chez Pschent @DR, Marie Athénaïs

Forty-eight minutes avec Yan Wagner

Yan Wagner

Rencontre avec Yan Wagner à l'occasion de son premier album forty-eight hours chez Pschent @DR, Marie Athénaïs

Forty-eight minutes avec Yan Wagner

Forty-eight hours, le premier album de Yan Wagner

Yan Wagner a sorti chez Pschent il y a quelques jours son premier album, Forty-Eight Hours. Un opus produit par Arnaud Rebotini où se rencontre Etienne Daho, synthés vintage, pop et électro. L'album nous a rappelé les heures éclairées du clubbing des années 80 mais de manière complètement revues et corrigées, avec une

Yan Wagner a sorti chez Pschent il y a quelques jours son premier album, Forty-Eight Hours. Un opus produit par Arnaud Rebotini où se rencontre Etienne Daho, synthés vintage, pop et électro. L'album nous a rappelé les heures éclairées du clubbing des années 80 mais de manière complètement revues et corrigées, avec une touche particulière, celle de la voix ensorcelante de son interprète. Rencontre avec Yan Wagner, un jeune homme moderne.


OnVillaNuit : Comment s'est déroulé le processus de ce premier album ?

Yan Wagner : J'ai commencé à composer pendant une période où je faisais énormément de concerts, ce qui m'a permis de délimiter les morceaux qui me semblaient vraiment valoir le coup. J'ai pas mal discuté avec Arnaud Rebotini, le producteur, qui m'avait proposé de sortir mon album si jamais je ne trouvais pas de label. Et puis, il y a eu ce deal avec Pschent. Je leur ai proposé Arnaud à la production, et au final, tout le monde était très content !

OnVillaNuit : D'où vient le nom de l'album ?

Yan Wagner : C'est le titre d'une chanson, et puis ça cadrait bien avec l'univers du disque, assez temporel. C'est un hommage au label Factory et à la chanson Twenty-Four Hour Party People par Happy Mondays.

OnVillaNuit : Comment s'est passé la collaboration avec Arnaud Rebotini ?

Yan Wagner : La techno, c'est vraiment la première musique que j'ai écouté et dans laquelle je me sentais bien. Cela a commencé quand j'avais 13 ans avec un concert des Chemical Brothers qui m'a vraiment mis une claque, de manière assez mystérieuse... Travailler avec Arnaud, qui est un producteur techno, c'était une façon d'être fidèle à ce que j'aime le plus, même si finalement, Forty-Eight hours est un album plutôt pop.

OnVillaNuit : Tu expliques que l'utilisation de machines vintage permettait d'avoir un son résistant à la patine du temps : est ce que cela passe forcément par d'anciens instruments ?

Yan Wagner : C'est la spécialité d'Arnaud de travailler avec des machines vintage, il possède une collection de synthés incroyables. De facto, travailler avec lui, c'était privilégier ce côté un peu old school pour avoir un son qui ne serait pas trop connoté 2012. On a donc évité au maximum de compresser les sons, on a limité la post production. On a tout enregistré de manière brute, un peu comme un groupe de rock.

OnVillaNuit : Etienne Daho est invité sur un morceau : comment s'est passée cette collaboration ?

Yan Wagner : Ça s'est très bien passé ! On s'est rencontré lors du concert hommage à Jacno. On avait discuté, j'avais été surpris par son accessibilité. Six mois après, quand cet album s'est concrétisé, j'ai pensé à une collaboration. J'ai contacté son manager, et c'est Etienne qui a fini par revenir vers moi. J'étais comme un fou.

OnVillaNuit : Il chante en français, c'est le seul d'ailleurs sur l'album...

Yan Wagner : J'ai une culture musicale beaucoup plus anglo-saxonne que française. J'écoute Daho, Gainsbourg, et ça se limite à peu près à ça. Mais j'avais envie que lui chante en français, c'est comme ça que fait le Daho que j'aime. Il m'a proposé d'écrire les paroles. Je lui ai dit qu'il n'y avait pas de problème. "Ok, alors demain tu reviens avec quelque chose". J'ai passé une nuit blanche à essayer de trouver, sans succès.... On a fini par tout reprendre ensemble.


OnVillaNuit : As-tu un morceau préféré sur cet album ?

Yan Wagner : Il y en a un auquel je ne m'attendais pas du tout, c'est le Spleen de l'Officier. Je l'ai composé pendant l'enregistrement. C'est Arnaud qui a lancé le truc : "Avec ta voix, il te faut un morceau lent". Ce fut une belle surprise.

OnVillaNuit : Tu fais aussi pas mal de remixes : y-en a-t-il un que tu apprécies particulièrement ?

Yan Wagner : Laisse moi réfléchir... J'aime bien celui que j'ai fait pour Black Strobe, j'ai d'abord été très flatté qu'il me propose. J'essaie à chaque fois de faire des remixes très différents. C'est à chaque fois un exercice de production, avec des deadlines et des contraintes, des choses que je ne me fixe pas pour moi-même. Mes démos sont toujours dégueulasses, pour mes remixes, je fais le plus d'efforts possibles.

OnVillaNuit : Que penses-tu apporter, quelle est la touche Wagner ?

Yan Wagner : Je n'en sais rien. Ce que j'aime bien quand on fait des remixes de mes morceaux, c'est qu'on les prenne et qu'on les enrobe d'un environnement différent. C'est peut-être ça, mais personne ne me l'a jamais confirmé.

OnVillaNuit : Et..

Yan Wagner : Attend, j'ai trouvé mon remixe préféré ! C'est celui de Leno Lovecraft. Je pense que c'est celui qui fonctionne le mieux.

OnVillaNuit : On a lu que tu avais un passé de pianiste de bar...

Yan Wagner : Le mec qui a fait ma biographie n'a pas très bien compris... C'est vrai que j'y ai pensé un moment. Il y a dix ans, j'étais dans un groupe avec des intermittents, et j'étais persuadé de vouloir faire comme eux. J'ai fait une année de musique à Cachan, une école de jazz et c'était un enfer. Les gens étaient tellement fermés.


OnVillaNuit : Comment t'es tu lancé en solo ?

Yan Wagner : J'ai joué dans pas mal de groupes à Paris (ndlr : notamment Flying Turns avec Gesaffelstein). Et puis il y a quatre ans, j'ai débarqué à New York. Je ne connaissais personne, je n'avais plus de projet, plus rien. J'avais envie d'essayer tout seul, je me suis dit que j'avais déjà tout tenté, qu'il n'y avait pas de raison. Je trouvais ça nécessaire de pouvoir assumer le rôle de chanteur, ce que je n'avais jamais vraiment fait.

OnVillaNuit : Ce n'est pas difficile d'être seul sur scène ?

Yan Wagner : Il est vrai que ce n'est pas forcément facile d'être seul avec les machines et d'occuper l'espace. Mais je vais avoir dorénavant deux musiciens qui vont m'accompagner. C'est un bonheur. Les morceaux sont interprétés par quelqu'un d'autre, ils respirent et changent vis à vis de l'album. Et puis ça me permet de me consacrer au chant et c'est ce que je préfère.

OnVillaNuit : Y-a t'il un endroit où tu aimerais te produire ?

Yan Wagner : Au Japon ! C'est un rêve de gosse. J'aimerais aussi beaucoup jouer sur la Côte Ouest aux Etats-Unis. C'est un peu l'angoisse du moment, après la sortie de l'album. Est ce qu'il y aura des dates ? C'est bien d'avoir un disque, mais c'est encore mieux d'avoir des concerts pour le défendre...

OnVillaNuit : Ton poison ?

Yan Wagner : Heu... Tu veux dire une drogue ?

OnVillaNuit : Oui, l'alcool l'amour, la cigarette....

Yan Wagner : L'amour. Oui, l'amour c'est bien.

OnVillaNuit : Qu'est ce que tu écoutes actuellement ?

Yan Wagner : J'écoute beaucoup un label qui s'appelle Items & Things, et puis les sorties de Comeme, le label de Matias Aguayo.

OnVillaNuit : Tes projets pour la fin de l'année ?

Yan Wagner : Plein de concerts. Et puis, heu...Faire des bisous à tous les gens que...Zut.

Je ne trouve pas de blagues, là.

Propos recueillis par Marine Normand

Yan Wagner sera en concert au Divan du Monde le 26 octobre 2012 avec Lescop dans le cadre du MaMa Festival.

Son soundcloud
Album Forty-Eight Hours actuellement dans les bacs.

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