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Drake, l’ascension d’un rappeur pas comme les autres

En 2013, ce n’est pas de Jay Z ou de Kanye West que l’on a le plus parlé dans la presse mais bien de Drake. Revenons sur le parcours exceptionnel de cet artiste qui vend aujourd’hui plus de disques que les big boss du hip-hop.

Il faut le dire, rien ne présageait le succès d’Aubrey Graham alias Drake. Rappeur canadien métissé, issu d’une famille plutôt aisée (rien à voir avec ses collègues du Bronx), il n’avait déjà pas le profil. Ses jeunes années, il ne les a pas passées à rapper dans la rue, mais à jouer la comédie. On a découvert Drake dans la série Degrassi, dans laquelle il incarnait Jimmy Brooks, un attachant étudiant handicapé. Mais dans l’ombre, il commençait déjà à composer. En 2006, il sort une première mixtape, So Far Gone, sur son compte Myspace. Elle connaît un beau succès ce qui l’encourage à en sortir d’autres (ComeBack Season et Heartbreak Drake). Alors qu’il commence à se faire un nom, il collabore avec Lil Wayne, Jay Z, Kanye West, Trey Songz ou encore Mary J. Blige. Ce bel entourage lui ouvre alors des portes. Il signe un gros contrat chez Cash Money/Universal Motown, le label de Lil Wayne. Sa carrière est lancée.

Il sort Thank Me Later en 2010. Cet opus connait un beau succès notamment en France avec les titres “Find Your Love” et plus tard “What’s My Name” en featuring avec Rihanna. A l’époque on se sait pas trop comment catégoriser Drake, mi-rappeur mi-chanteur, mais on adore son flow soul et sa sensibilité. C’est d’ailleurs ce qui le démarque des bad boys du milieu. Il l’assume totalement et a même récemment déclaré dans une interview qu’il aspirait à devenir le “prochain Marvin Gaye”. Pourtant, ses chansons n’ont rien de “gnan-gnan”. Elles parlent certes d’amour, mais aussi de haine, d’abandon, de drogue et de sexe.

En 2011, c’est la consécration, il sort Take Care. Drake devient une star mondiale grâce à ses titres “Headlines” et “Take Care” une fois de plus en duo avec Rihanna. Avec son titre “The Motto”, il popularise même l’expression YOLO (You Only Live Once) qui signifie “Carpe Diem”.

Deux ans après, il dévoile Nothing Was The Same. Plus personnel et agressif, c’est clairement le meilleur opus du rappeur. Il est parfaitement conscient de ce que lui reproche les gros durs du milieu (de n’avoir jamais connu la rue, de ne pas être un bad boy) et il ne se gêne pas pour se justifier dans ses morceaux comme sur “Started From The Bottom” où il balance : “Boys tell stories about the man / Say I never struggled, wasn’t hungry, yeah / I doubt it, nigga I could turn your boy into the man”.

Drake a réussi et prend maintenant sa revanche. Tout lui sourit, d’ailleurs son collectif OVO (October’s Very Own) créé en 2009, devenu OVOXO, connait une belle notoriété notamment avec l’arrivée dans le bande du jeune Abel Tesfaye alias The Weeknd, chanteur sensible à la voix fluette. Il organise tous les ans un festival à Toronto avec au line up des pointures du rap comme Snoop Dogg, Nicki Minaj ou Lil Wayne et possède même sa propre griffe de prêt-à-porter. Jolie ascension non ?

On comprend pourquoi aujourd’hui certains leaders tentent coûte que coûte d’innover. Kanye West a récemment déclaré que Drake était le rappeur qui lui faisait le plus peur. Il a bien raison de s’en méfier.