Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?)

By Stéphanie Chermont
18 Mar 2015

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?) @Blind Digital Citizen

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?)

Album "Premières Vies" - Blind Digital Citizen, photo

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?) @Blind Digital Citizen

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?)

"Premières vies" de Blind Digital Citizen

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?) @Blind Digital Citizen

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?)

Photo de groupe - Blind Digital Citizen

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?) @Blind Digital Citizen

Blind Digital Citizen : Lève toi et marche (ou boite?)

Album "Premières Vies" - Blind Digital Citizen, photo

Ces cinq Français lancent leur premier album " Premières vies " sur nos ondes saturées par la rapidité des choses fin mars. Premières impressions contrastées dans la redac, donc débat : la joie de la découverte contre des attentes déçues.

(+) Blind Digital Citizen est entré dans mon cerveau

Le titre " Dvek " lancé, les images saturées et tranchées du clippeur coréen Melt Mirror plein les yeux, on entre avec ce premier extrait de l'album à venir fin mars Premières vies dans un univers complètement barré, dans une autre atmosphère. Signé sur le label Entreprise, ces cinq Français ont fait le choix de sons électro-cosmiques, à des années lumières de la Terre, nous plongeant radicalement dans un tunnel coloré, synthétisé, mouvementé. Et ça fait du bien à nos oreilles, de nous évader en musique et par notre imagination, doucement chahutée et curieusement attaquée. Cette voix, ces mots chantés en français, ces textes difficilement compréhensibles proposent une nouvelle lecture musicale, proche de celle de Feu ! Chatterton, emplie d'influences diverses, de Björk dans l'idée aux Wampas pour le côté tout fou et tout flamme.

" C'est quand que ça vient ? ", c'est maintenant, pour citer les propos du groupe et de leur titre " Ravi ", qui joue avec la langue française et avec les sons. Provocateurs, Blind Digital Citizen prend le contre pied de son époque jouant avec les phrases comme avec les émotions. Futuristes non, réalistes et décalés oui, ils nous font vivre le temps d'un album une folle épopée dans la noirceur de chaque être, sans laisser une seule porte de sortie. Amen.

S.C.

(-) Blind Digital Citizen a un énorme problème d'identité

Pour tenter de comprendre ce qui pose problème dans la musique de Blind Digital Citizen, il faut revenir tôt dans l'histoire du groupe : il est la victime collatérale de la transformation du label "Third Side" en "Entreprise". Le groupe, électronique, bilingue, hypnotique voir épileptique s'est alors vu demandé de se concentrer sur le français, la raison d'être de la nouvelle mouture de ce label indépendant.

Fier groupe électro-experimental lors de son premier EP (sur Third Side), on sent dès le suivant (sur Entreprise) que le langage alors imposé vient faire perdre au groupe sa souplesse, sa fluidité. Qu'il se crispe. Devient confus. A l'écoute des EPs Enfant Flamme et Ravi, on dirait que tout tourne autour d'une seule question : comment mettre la langue de Molière sur une musique qui, dans ses références fondamentales, n'est déjà pas amenée à être chantée (IDM, électronica, etc.) ? Ce problème est la raison pour laquelle ce disque n'est pas plaisant : si leur disque pour la série Podium de Third Side Records proposait des voix qui enrichissaient librement la musique, c'est l'inverse qui opère aujourd'hui. La musique cherche à se placer par rapport à la voix.

Blind Digital Citizen, ici librement instrumentaux sur leur premier EP

Un disque en tâtonnement

Face à "Premières Vies", on n'écoute pas un album : on est face à des recherches d'étudiants. La contrainte induite de la pop francophone lutte contre un ADN bruyant, techno, ambiant et synthétique. Chaque morceau pourrait être renommé par des termes techniques. Par exemple, "Cumbia" deviendrait "Electro 80 basée sur une séquence d'orgue vintage avec phaser + Bashung". Ce long format est ainsi une série de collages bruts et maladroits.

La musique en sort refrénée notamment dans sa production : en studio, le réalisateur a fait le choix d'une ligne artistique pop désastreuse : toutes voix devants, façon mixage radiophonique. Du coup, ce qui aurait dû être une beauté baroque devient une mélasse bordélique, porté laborieusement par un chanteur qui n'a d'autres choix que de s'agiter pour assumer sa propre existence. Bref, ça pédale dans la semoule et on n'a finalement jamais l'impression d'écouter le moindre morceau mais seulement des tentatives.

Laissons-les tranquilles, donnons leur du temps et un entourage adapté pour réaliser leurs morceaux (des gens de la musique électronique qui connaissent leur background musical, qui en comprennent les ressorts, des dinos InFiné aux allumés de PanEuropean Recordings) et cachons cet album sous le tapis en attendant qu'ils aient réussi à faire le disque merveilleux que leurs premiers morceaux promettaient.

C.C.

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