Azealia Banks, Angel Haze : des gamines capricieuses?

Azealia Banks, Angel Haze : des gamines capricieuses?

By Charles Crost
05 Avr 2014

Azealia Banks crache ouvertement sur Universal, Angel Haze balance son album sur Soundcloud sans un mot au label... Signe d'indépendance ou règne de la gaminerie ?

La mode semble, du côté des nouvelles starlettes du hip hop US, à une étonnante forme d'indépendance. Après avoir signé des contrats, reçu des avances sur royalties et enregistré les disques avec des producteurs stars au frais des majors, Angel Haze balance sur son album sur Soundcloud, énervée du temps qu'il prend à sortir. Azealia Banks, elle, demande publiquement à Sony de racheter ses contrats, avant de se rabattre sur XL Recordings à qui elle avait lancé, quelques mois plus tôt un délicat : "allez vous faire foutre".

Caprice d'école maternelle

Evidemment, un artiste peut être lassé de travailler avec les employés des majors, souvent décrits comme plus bureaucrates que mélomanes. Il peut chercher à avoir entièrement la main sur son art, son image etc... Tout ceci est compréhensible, et, depuis la fin des 70's, les sphères indies et l'autoproduction ont explosé suite aux revendications de la vague punk. Dans le cas de ces nouvelles idoles du rap féminin, les choses sont un peu différentes : les artistes de leurs générations ont tous balancé des mixtapes autoproduites, non pas pour affirmer leur autonomie, mais ouvertement pour faire monter les enchères des labels.

Ainsi, ces deux artistes ont touché des sommes relativement astronomiques, qui engagent donc, pour les labels, des responsabilités énormes. Il faut aussi savoir qu'en dehors de l'enregistrement, le mixage, le mastering, la photographie et le graphisme, le systeme à 360° des majors fait qu'ils organisent aussi la tournée et gèrent les droits d'éditions. Pour que chaque "service" de la major puisse bien travailler, il faut qu'ils soient synchros. Hors, ce n'est pas toujours évident, ce qui peut expliquer des retards dans le lancement des disques de ces divas.

On peut comprendre qu'elles soient un peu frustrées. Mais le racolage public, humiliant au passage les gens qui travaille autour du projet ou le gâchis de milliers de dollars en balançant le disque gratuitement sur Soundcloud sont de l'ordre du manque de professionnalisme absolu. Digne d'un enfant gâté, ces pratiques peuvent même mettre en jeu des dizaines d'emplois. Et qu'elles ne fassent pas les candides : il est bien connu que l'organisation des majors est plus lourde, donc bien plus pesante, que celle des labels indie. Et qu'on y gagne, généralement, beaucoup plus d'argent. Ainsi, quand on choisit de faire des billets verts l'argument prioritaire dans le choix de son label, il faut ensuite assumer de suivre le modèle bien rôdé de ce type de structures.

Finalement, Angel Haze a retiré son album de Soundcloud au bout de vingt minutes, et Azealia Banks est toujours aujourd'hui sur Universal. C'est bien la preuve qu'une fois qu'on lui a passé un gros savon, l'enfant capricieux rentre dans le rang. Et qu'in fine, il ne reste que le coup de communication, qui, finalement, fonctionne pas mal.

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