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 Le Cabaret Aléatoire
Le Cabaret Aléatoire
© Juliette Hautemulle

Portrait : Pierre Alain Etchegaray, programmateur du Cabaret Aléatoire

Publié le 25/05/2016 à 18:00

Alors que le Villa Schweppes BPM a fait vibrer le Cabaret Aléatoire à Marseille ce week-end, on en a profité pour adresser quelques questions à son programmateur.

Comment la ligne artistique du Cabaret Aléatoire se distingue-t-elle de l'offre marseillaise?

Pierre Alain Etchegaray : Nous avons travaillé notre identité à partir de 3 axes : Une direction artistique assumée et fondée sur la découverte, des rendez-vous, des événements exceptionnels et rares. Au niveau des esthétiques, nous défendons beaucoup les musiques électroniques notamment au travers de nos clubs du Vendredi et également les nouvelles cultures urbaines. Un lieu atypique, dans une Friche, une cathédrale industrielle, un espace qui n'était pas prévu initialement pour y faire des musiques actuelles que nous avons su réhabiliter, aménager, équiper au fil des années pour y développer une politique de lieu. Une volonté de développer des projets, qui dépassent largement celui de la salle de concert : This is (not) Music, un grand événement qui a rassemblé 100 000 personnes en 2013 pour la capitale culturelle, autour de la musique, de l'art contemporain et des sports de glisse (qui a été considéré comme l'un des 3 événements les plus importants de la capitale culturelle). Nous avons également crée le Rooftop de la Friche Belle de Mai, qui est devenu un des spots les plus importants des étés Marseillais, Rooftop dont aujourd'hui nous assurons encore la grande majorité de la programmation.

Quelles ont été les grandes étapes de l'histoire du club?

Pierre Alain Etchegaray : L'histoire du Cabaret Aléatoire remonte à 2003, le lieu est immédiatement devenu le lieu underground, dans lequel on découvre des artistes et des esthétiques musicales absentes ou trop peu représentées à Marseille. Depuis, les choses ont bien changées. Nous avons obtenu le label SMAC en 2014, notre outil de travail, notre programmation et notre projet sont un peu moins underground, mais nous faisons tout pour rester décalés et garder une image forte. Le Club "Cabaret", en tant que tel, le rendez-vous des musiques électroniques, tous les vendredis, dans une scénographie différente, avec des prix accessibles à partir de 5 Euros, a été créé en avril 2015. Nous travaillons ce projet avec les collectifs régionaux les plus influents et actifs.

Avec le recul, quelles soirées furent les plus marquantes de l'histoire du Cabaret ?

Pierre Alain Etchegaray : Au niveau de l'histoire proche, nous avons réussi à réunir pour une date unique et exclusive en France les 3 fondateurs de la techno de détroit, en décembre 2015. Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson, c'était énorme, on aurait plus remplir 3 fois le Cabaret Aléatoire. Ensuite, on a à ce jour organisé plus de 1000 concerts ou soirées, donc en vrac et tous styles de musiques confondus, je dirais Laurent Garnier, le Wu Tang clan, Major Lazer, Jeff Mills, Peter Doherty, The Brian Jonestown Massacre, Tricky... et beaucoup d'autres, sont des artistes que l'on aurait jamais pu imaginer programmer le jour ou l'on a posé les premières prises électriques, dans ce local de stockage de la manufacture de tabac de la Seita...

Tes meilleurs souvenirs?

Pierre Alain Etchegaray : Mes meilleurs souvenirs restent les 2 résidences de création des Puppetmastaz, j'adore leur son, leurs prouesses "live". Chanter en manipulant les marionnettes, c'est chaud, ils ont une idée à la minute, et ce sont des gars vraiment délirants.

Pierre Alain Etchegaray
Pierre Alain Etchegaray
© DR

Et, par conséquent le "pire fail"?

Pierre Alain Etchegaray : Quand je dis plus haut qu'on a organisé plus de 1000 concerts et soirées, forcément on a un paquet de fail. Bon j'en choisis un : MOS DEF, son projet Bright Moment, en 2014, un concept que je n'ai toujours pas compris : salle comble, mi "live", mi "rien", on avait acheté 1000 roses blanches qu'il devait distribuer au public, il a décidé finalement de ne pas le faire, il est sorti de son hôtel avec 2 heures de retard, le show a commencé avec autant de retard... Deux ans plus tôt on avait fait son live c'était top, mais là, c'était la cinquième dimension. On a discuté à la fin, il nous a expliqué que 1100 personnes plus les organisateurs n'avaient rien compris à son propos d'artistes.

Quels sont les collectifs clés avec lesquels vous avez l'occasion de travailler?

Pierre Alain Etchegaray : Nous travaillons avec beaucoup de partenaires au niveau régional, national et international, mais j'ai envie de citer ici les collectifs qui aujourd'hui contribuent au développement du projet "Club Cabaret" des vendredis. Ils ont tous leur univers, leur manière de travailler et d'envisager les soirées, s'insèrent complètement dans l'esprit de notre club. Ce sont de véritables camarades de classe et dans le désordre : Laboratoire des possibles, Extend & play, Find Out, Metaphore, Music Designer, Modelisme, Paradox, C.C.R., Rare, Human E.T Crew, Ô Galop, Distropunx, Wicked Music, Phonons, Caisson Gauche Records, Château Bruyant...

Quel serait le line up idéal d'une nuit au Cabaret Aléatoire?

Pierre Alain Etchegaray : The Smiths, les Pixies, Jimmy Hendrix, Led Zeppelin, Michael Jordan, Lionel Messi, Travis Pastrana, Harmony Korine, Larry Clarke, Quentin Tarantino, Robert Rodriguez...

Quoi de prévu côté programmation réelle, dans les prochaines semaines, les prochains mois ?

Pierre Alain Etchegaray : RS ONE pour la première fois à Marseille, Ben Klock, Robert Hood, Ryan Elliott, John Tejada, Martin Buttrich, Oscar Mulero, Bicep, Terence Fixmer...et a peu près 80 autres artistes, qui jouerons au Cabaret Aléatoire, au "Club Cabaret" et sur le toit-terrasse de la Friche dans le cadre des soirées ON AIR. Une date qui nous tient tout particulièrement à coeur aura lieu dans un lieu magnifique et improbable de la ville, qui surplombe la baie de Marseille, le 3 juillet prochain, avec Dixon. J'espère que ce sera mémorable.

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