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Moodoid ouvrira-t-il la voie?
Moodoid ouvrira-t-il la voie?
© Mathilde Kichenama
"Le Monde Möö", le 1er album de Moodoid
"Le Monde Möö", le 1er album de Moodoid
© Entreprise
Moodoid ouvrira-t-il la voie?
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"Le Monde Möö", le 1er album de Moodoid
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© Entreprise
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Moodoid : "Le Monde Möö" ouvre la porte à la vague psyché française
Moodoid ouvrira-t-il la voie?
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Moodoid ouvrira-t-il la voie?
© Mathilde Kichenama
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Moodoid : "Le Monde Möö" ouvre la porte à la vague psyché française

Publié le 18/08/2014 à 09:45

Il est encore tôt pour le dire, mais la sortie du "Monde Möö", le premier album de Moodoïd, pourrait avoir une importance titanesque sur la musique populaire française. On vous explique.

Une montagne déjà gravie

Pour ceux qui n'auraient pas suivi le début de la success-story de Moodoïd, commençons par un petit récapitulatif. Pablo Padovani, alors guitariste du groupe Melody's Echo Chamber, compose en solitaire les morceaux qui formeront bientôt le répertoire du groupe. Rapidement, il prend le projet au sérieux et fonde autour de lui un backing band féminin.

Le label Entreprise, version franco-obsessionelle du label Third Side Records (La Femme , Blind Digital Citizen), saute sur l'occasion et ne tarde pas à inclure le poulain à son écurie jusqu'ici un peu fragile. Il y a un an, un premier morceau tombe : "Je Suis La Montagne" va être un tremblement de terre. Psyché, pop, esthète et surtout abordable, le morceau réunit à la fois les spécialistes et le grand public. Surtout, il pose une passerelle entre une génération souterraine d'aventuriers pop et les masses.

Programmé dans un lot conséquent de festivals, le groupe impose sa bonne parole et séduit les radios en quelques mois. " Je suis la montagne " envahit le Mouv', France Inter ou encore Nova, les auditeurs accrochent.

Un Monde Möö prêt à passer en force

Aujourd'hui, Moodoïd sort son album. Outre le fait qu'il soit bien ou non – vous l'écouterez – il s'avère qu'il pourrait être d'une importance cruciale pour le développement de la musique française indépendante et son accès aux structures permettant de toucher le grand public.

Mais qu'est-ce que ce disque peut bien avoir de si particulier, direz-vous ? Sa liberté, d'abord. Si la musique reste globalement pop dans son format, malgré un dépassement évident des 3 minutes réglementaires, elle accepte toutes les folies de son compositeur. Un synthé 80's ici, des ambiances indiennes par là, des ruptures rythmiques à l'envie, un chant variet' : Le Monde Möö ne se prive de rien.

Plus encore, la velléité psycho-active du disque est amenée avec une fraîcheur nouvelle et des approches relativement inédites à même de séduire hors des carcans. Mais c'est la puissance de frappe médiatique qui se cache derrière ce disque qui donne tant d'espoir pour la musique hexagonale. Si le disque est produit par Entreprise, il se trouve être licencié chez Sony à travers sa sous-division A+LSO. De là vient la plus belle promesse de ce disque : il sera livré au monde avec les même chances que n'importe quel artiste " mainstream ". Hors, ce Monde Möö est, comme nous le disions, vraiment très étonnant et riche.

Une réaction en chaîne?

Imaginer "Bleu est le feu" bombardé dans un supermarché, "Machine Metal" en rotation continue dans l'autoradio ou "Bongo Bongo Club" dans le lecteur MP3 de maman, c'est ouvrir la porte à une initiation populaire à ce psychédélisme moderne. Pourquoi est-ce si important ? Parce que derrière Moodoïd, on trouve en France une scène mûre et prête à envahir les ondes : Aquaserge, Dorian Pimpernel, Forever Pavot, Blondi's Salvation, Orval Carlos Sibelius, les bruyants groupes du collectif Nøthing ou Quetzal Snake, Wall of Death ou bien même The Dead Mantra pour ne citer qu'eux. Leurs disques sont aussi fous que ce Monde Möö, et l'explosion attendue de Moodoïd pourrait être la rampe de lancement de toute cette génération de musiciens pop, exigeants et libres.

Le succès populaire n'est parfois pas explicable, au même titre que son absence. Mais tout les voyants sont au vert pour Pablo Padovani. S'il se fait, comme ce fut le cas jusqu'ici, le héraut de la scène qui l'a vu naître, le monde pourrait tout simplement s'en trouver plus beau. Parce que si votre voisin écoute "Farfichat" ou "Ovlar E" à fond plutôt que le dernier disque du Collectif Metissé, si les Victoires de la Musique récompensaient demain la composition d'orfèvre d'Aquaserge, la musique française aurait enfin les armes – et les financements – pour s'imposer dans le paysage rock mondial.

Pour conclure, sachons saluer les majors dans leur travail et leur confiance financière autour de ce genre de projets audacieux. Sachons saluer surtout la confiance que A+LSO porte dans un disque comme celui ci. Et souhaitons, surtout, que votre petit frère de 13 ans y ait naturellement accès.

En savoir plus :
Scène française, Actu musique
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